Voix du Gaou : Justice, Birdy Nam Nam, The Do - 25/07

juillet 28, 2008 · Print This Article

Les Voix du Gaou agitent la paisible ville de Six Fours depuis quelques années avec une programmation digne d’une capitale. Et je dois l’avouer, je n’ai fait mon baptème gaouesque que cette année. Il faut dire que pour y aller, faut en vouloir : accès difficile (on se gare comme on peut dans les résidences près du port) et on marche pour retrouver le lopin de terre. Après tout ça ne fait pas de mal, après une semaine assis devant l’écran…

Justice - Voix du Gaou

En bon parisien que je suis*, des fois, je ne suis muni que d’une carte bleue. Ahahah. Là bas c’est liquide uniquement. Si je suis ici à vous raconter tout ça, je le dois à Olive d’Emob qui m’a materné, comprenez nourri, faute d’autre moyen de paiement.
Vous allez au Gaou l’année prochaine ? Arrivez au moins 1H30 avant le concert, en covoiturage, avec une voiture pourrie car les chemins sont serrés, prenez du liquide (et c’est reuch, alors pas 10 euros) et… des pompes minables. Parce que oui, c’est une presqu’île, et forcément y’a du sable.

Une fois sur place, le décor n’est pas déplaisant, mais pas paradisiaque. C’est une plage en forme d’île, et nous, gens du sud sommes un peu… disons blasés. Car oui, il y a beaucoup plus joli ailleurs. Enfin ne boudons pas notre joie, ça change du froid impersonnel de Bercy, après tout.
La première première partie revient à The Do. Qui a joué du The Do. Une fois que vous avez “Why Should I Carry Such A Weight on my Shoulders” pendant 3 jours dans la tête, vous vous dites que c’est pas si bien que ça après tout. Mais ils avaient l’air de bonne humeur et ont correctement joué leur rôle ingrat d’ouvrir un concert électro à 20H en plein jour. On a même entendu une chanson du prochain album, qui ressemble à celui d’avant : les fans ne seront pas perdus. Ceux qui étaient sceptiques le resteront. C’est très Radio Nova-esque, faut aimer.

Mon attention s’est plutôt portée sur Birdy Nam Nam. Pour deux raisons : la première c’est que je les ai ratés en ouverture d’Electromind à Montpellier. La deuxième c’est que… j’ai déjà vu le concert de Justice !
Les quatre lascars prennent place devant le matos, et y’en a pour les amateurs de sons : platines, lignes de basse (ces bonnes vieilles Roland TB), des Macs dans tous les sens pour (je suppose) du Ableton Live derrière.
Les premières sonorités sont résolument hip-hop, car ce sont les origines du groupe. Après de très bons breaks viennent les premières boucles électro : c’est bien sec, bien rond, et très énergétique. De la bonne musique pour les pieds, car il est impossible de ne pas danser là-dessus. C’est sûr qu’après The Do, ça change…

Les mélodies sont jouées via du sample, car tout est numérique. Par contre, la technicité des lascars est impressionnante : les scratches sont bien posés, bien carrés, et jouent même le rôle de mélodie à certains passages. C’est assez vexant de voir que tout est si propre alors qu’ils jouent à 4 simultanément. Le seul bémol de cet excellent warm-up, c’est la diversité des sons. J’ai eu l’impression que pour assurer de la cohésion sur le set, ils n’ont pas vraiment varié leurs samples. Un tout petit sentiment de répétition qui n’est rien face à l’excellent feeling transmis au public, désormais bien chaud pour Justice.

Justice - Voix du Gaou

Oui j’ai déjà vu Justice, et j’ai adoré. C’était à Montpellier, au Zénith. Le son était bon, fort mais sans faire mal, et après une première partie absolument catastrophique, le duo m’avait pris par surprise. De bonnes versions de leurs titres albums, mixées et mélangées, avec un excellent rappel. Tiens, ça vous rappelle pas la méthode Daft Punk ?
Je m’attendais évidemment à ce que le concert soit semblable, de la même façon que Daft Punk avait joué l’année dernière son Alive 2007 à l’identique, ou presque, pour chacune des dates.
Le vrai problème de la soirée, c’est l’incroyable trou au niveau du son. Sur la première partie, on se dit que c’est normal, en général le gros son arrive toujours quand la tête d’affiche démarre. Mais après les premières notes de “Genesis”, ouverture traditionnelle du duo, c’est le drame : on s’entend parler dans la fosse sans même forcer la voix. Ca change d’Electromind où les kicks de J.Dahlbäck nous ont retourné les tripes…
Du coup, sans surprise, et sans le son, j’ai pu analyser un peu en détail leur set. Et j’en suis désolé d’avance, mais sans l’artillerie des watts on remarque un défaut principal : mais pu*** c’est mou !
Pour 2 minutes de boucles qui tapent, et qui font du bien, vous avez 3 minutes de breaks, où Gaspard (le moustachu, pour ceux qui dorment au fond là) s’efforce tant bien que mal de faire lever les mains du public. Mis à part les 15 / 20 ans qui s’éclatent, je me retourne pour remarquer que c’est pas du joli : on s’ennuie sec. Les titres s’enchaînent, et on ne peut même pas leur reprocher une mauvaise technique car c’est hyper huilé. Trop d’ailleurs.
La scéno est identique : la croix s’allume de temps en temps, avec quelques zigouigouis qui clignotent pour de faux.
Le rappel est lui toujours aussi efficace : reprise de “NY Excuse” de Soulwax enchaînée avec “Master of Puppets” de quivousavez-lica. D’ailleurs, c’est là que beaucoup se sont réveillés : “ah tiens,
Metallica, ils envoient enfin le son ?”. Ironique mais vrai.
On entendra même dans la foule d’excellentes remarques comme “monte le son !” ou (plus décilieux) “rendez-nous Bangalter !!” (copyright Fubiz).

Que penser de Justice ? C’est comme certains plats. C’est bon quand on en mange la première fois, et on se lasse rapidement. Si vous aimez l’electro, que vous ne voulez pas attendre 8 ans que Daft Punk revienne, ne les ratez pas. Espérez que le son frappe fort, car c’est là que c’est bon. On y passe un très bon moment, si si.

Mais quoi qu’il en soit, le battage autour d’eux reste totalement sur-estimé, et contrairement à certains journalistes (trop) optimistes, ils n’ont pas (encore) la fibre de devenir les nouveaux Daft Punk. C’est tout le mal qu’on leur souhaite, et pour en être sûr, on va attendre avec impatience le prochain album.

* : je suis né à Montpellier, c’était pour rire, hein.

Comments

2 Responses to “Voix du Gaou : Justice, Birdy Nam Nam, The Do - 25/07”

  1. Alexandre on juillet 29th, 2008 8:36

    Wouhou j’ai 20 ans, on peut pas me reprocher de m’être éclaté une deuxième fois en voyant Justice en live !

  2. Julien on juillet 29th, 2008 8:37

    Traître ! Haha

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