Filastine – Dirty Bombs (2009/Jarring Effects)

Filastine - Dirty BombsIl existe des disques dont on a du mal à parler, tant il y a de choses à dire. Des disques qu’on a du mal à décrire précisément, et à juger objectivement, tant l’emprise qu’ils exercent est hypnotique. Mais il faut à tout prix essayer, parce que ces disques, à mille lieux de céder à la facilité du consensuel et militant plutôt pour une forme d’intelligence pas élitiste pour autant, méritent d’être connus.

Filastine est un citoyen du monde, un routard des clubs et un voyageur des genres. Dirty Bombs est le reportage sonore de ses pérégrinations. Majoritairement Hip Hop, sa musique réinvente le terme de « Trip Hop » en lui redonnant un sens propre : « trip » est le mot anglais pour « voyage ». L’auditeur suit le créateur au fil de l’écoute : Inde, Caraïbes, Amérique latine, Méditerranée… sont autant de coins du monde esquissés dans l’album, tant dans la musique que dans les lyrics. Pas moins de six langues sont ici parlées, y compris – m’a-t-il semblé – l’improbable Esperanto sur le titre arabisant « B’Talla ». Mais Dirty Bombs ne se contente pas d’être un simple album de Hip Hop plus coloré que la moyenne ; Filastine mêle également à ses scratches, des sons Electro et des rythmes Dub bien dosés (« No Lock No Key »), qui ne viennent pas entacher la légèreté et la chaleur ambiante de ce voyage musical, paisible et pragmatique, engagé mais pacifique, varié mais cohérent.

Filastine - Dirty BombsToutefois, comme tous les coins du globe ne peuvent pas plaire à tout le monde, qualques titres peuvent irriter l’auditeur allergique à certains genres. Car à trop vouloir goûter à tout, les chances de tomber sur un fruit pourri se multiplient forcément. J’ai par exemple, pour ma part, beaucoup de mal à supporter le flamenco de « Como Fugitivos » qui clôt l’album (non qu’il soit particulièrement mauvais mais le flamenco, c’est pas mon truc) ou à comprendre l’intérêt esthétique des samples de coups de feu sur « Desordenador ». Mais il va sans dire que malgré le risque de perdre l’auditeur à force de ne pas rester en place, Dirty Bombs plaira certainement au plus grand nombre par sa richesse, son intelligence et la qualité de son exécution. En tout cas, moi, j’ai été totalement embarquée.

Tracklist :

  1. Singularities
  2. Fitnah (feat Jessica Skeletia Kenney)
  3. Hungry Ghosts (feat Wire Mc & ECD)
  4. Bitrate sneers
  5. Desordenador
  6. No Lock No Key (feat Dj Collage)
  7. The Sinking Ship
  8. From the south to the west…
  9. To the motherfucking east
  10. Blung
  11. Con las manos en la masa (feat Malena d’Alessio)
  12. Stereofonic Streetscape Blowout
  13. B’talla feat Rabah
  14. Marxa
  15. They Move Like Somnambulists
  16. Strategy Of Tension
  17. Como Fugitivos (feat La Peria)
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A propos Daphné
Zone de terreur : Lyon. Spécialiste en rien, amatrice en tout, mais plus particulièrement en Rock Alternatif, et Electro bourrine. Rédactrice en chef. Blonde, aussi.

1 Commentaire le Filastine – Dirty Bombs (2009/Jarring Effects)

  1. jean-paul gavard-perret // 15 avril 2009 á 17:13 //

    Superbe cet article. L’essentiel est dit. Et bien dit.

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