La Pologne Alternative: NeLL

NeLL s’est formé en 2006 à Chorzów, en Silésie. Le groupe est composé de quatre musiciens : Bartek Księżyk (chant, guitare, piano), Klaus Tudyka (basse), Tomasz Ignalski (chant, guitare) et Robert Kucharczyk (batterie). Leur premier album, intitulé White Noise Zone, sortira le 11 janvier 2010. Quels sont les espoirs de NeLL liés à cet album ? Quelle est la situation des groupes alternatifs en Pologne ? Vous trouverez toutes les réponses dans l’interview avec Bartek Księżyk, le leader de Nell.

NELL

Comment définis-tu la musique alternative ?

Bartek Księżyk : C’est la musique qui s’inspire de la culture populaire et de son esthétique, et qui n’est pas exprimée grâce aux émotions plastiques, mais grâce aux émotions authentiques. Je peux définir notre musique de cette manière. Je ne sais pas si tu trouves notre musique alternative. Ça dépend de ton point de vue.

Selon toi, NeLL est-il un groupe alternatif ?

B.K : Je n’aime pas cette classification. Nous jouons la musique qui pour nous a une certaine valeur. Est-elle alternative ? C’est une alternative à quelque chose. Je préfère dire que c’est du rock & roll.

Imaginons. Votre chanson est diffusée sur les radios commerciales. Ça ne vous gène pas ?

B.K : Non. Une chanson est comme un enfant. D’abord, il faut le faire, puis l’élever de façon à ce qu’il puisse vivre tout seul dans la société. C’est comme avec une chanson, tu n’as pas d’influence sur où elle sera diffusée. Elle sera peut-être diffusée sur les radios commerciales et elle deviendra peut-être l’hymne non officiel du championnat du monde de tennis de table. Quelqu’un peut dire que ta chanson raconte telle chose, et toi,  en l’écrivant tu as pensé à autre chose. C’est tout à fait normal.

Je comprends, mais il y a des fans qui sont avec vous depuis le début. Si un jour votre fan entend votre chanson sur une radio commerciale entre une chanson de Bajm et une chanson de Kombi (deux groupes très connus et diffusés en Pologne).,c’est une sorte de ‘compromission’, n’est ce pas ?

B.K : Aujourd’hui, on a des fans, demain ils ne seront plus là. Quoi que tu fasses, il y aura ceux qui diront « Cet album est trop cool » et ceux qui diront « Ce sont des vendus » Pour l’instant nos chansons ne sont pas en rotation sur les radios commerciales donc ce problème n’existe pas.

Pourquoi la coexistence de la scène alternative et de la scène populaire est-elle impossible en Pologne?

B.K : Pourquoi impossible ? C’est possible et ça se fait. Cela se fait à petite échelle, mais ça se fait. En Pologne, il y a un autre problème. Toutes les modes occidentales arrivent en Pologne avec un certain retard et elles sont modifiées à la polonaise. D’une part, les Polonais ont une tendance à penser « Nous sommes déjà comme les Américains », d’autre part il y a la vie ordinaire et une simplicité typiquement polonaises. Par exemple : Feel (un groupe très populaire en ce moment en Pologne).

Mais en Pologne, soit tu es diffusé sur la radio Trojka, soit sur la radio RMF FM. Ce n’est pas normal.

B.K : Personnellement, je ne peux rien y faire. C’est le fonctionnement de notre société. On entend la musique, mais on ne l’écoute pas.

En Pologne, les relations sont-elles plus importantes qu’un vrai talent ?

B.K : Quiconque a envie d’enregistrer un album peut le faire. Les relations ne sont pas indispensables. Nous avons reçu une proposition de Polskie Radio pour l’enregistrement de White Noise Zone. Cette proposition était pour nous très favorable, donc nous avons profité de l’occasion. En tout cas le talent est très important pour survivre plus d’une saison.

Pourquoi une partie des chansons sur votre album est-elle en polonais, et une autre partie en anglais ? Ce n’est pas courant.

B.K : Je ne m’oblige pas à écrire dans une langue donnée. C’est naturel. Si j’ai une idée  pour une chanson en polonais, j’écris en polonais, si j’ai une idée pour une chanson en anglais, j’écris en anglais.

De quoi parlent les chansons de NeLL ?

B.K : C’est une question difficile… Ce sont des allégories. Je raconte les histoires des autres, parfois les miennes, et il s’agit d’une base pour en dire plus. Dans nos paroles, il y a beaucoup d’ironie voire du sarcasme. J’écris parfois sur des personnages inventés et sur leur vie. Je ne juge pas. Je décris.

Pourquoi as-tu choisi le personnage de Wright comme un sujet de l’une de vos chansons ?

B.K : C’est l’une de ces histoires dont je t’ai parlé. C’est l’histoire d’Alder Wright, un scientifique britannique qui a  mis au point  l’héroïne distillée. A l’époque, cette héroïne distillée a été considérée comme un remède miracle, sans effets indésirables, elle était utilisée dans un but thérapeutique contre l’addiction à l’opium. Wright et ses coopérateurs ont testé cette héroïne sur eux- mêmes, et ils ont découvert la vérité.

J’en déduis que cette héroïne provoquait des effets indésirables.

B.K : Oui, bien sûr.

D’où vient l’idée de la couverture pour votre single “Katastrofa w nadfiolecie” ? La couverture pour votre album White Noise Zone est cependant assez dépouillée.

B.K : Ces deux couvertures ont été créées indépendamment. La couverture de l’album est dépouillée parce que l’album s’appelle White Noise Zone (zone de bruit blanc). En ce qui concerne la couverture du singleKatastrofa w nadfiolecie”, c’est le mélange de nos idées.

Que faut-il faire pour éviter des comparaisons avec d’autres artistes après la sortie de l’album ?

B.K : Je n’ai aucun pouvoir sur ceux qui pensent que nous jouons comme Placebo, Interpol ou The Cure. Je n’ai pas l’intention ni de les convaincre que ce n’est pas le cas ni d’éviter ces comparaisons. Elles sont inévitables.

Quels sont les espoirs liés à cet album ?

B.K : Nous avons réalisé notre rêve grâce à notre travail et à l’aide de nos proches. Quoi qu’il arrive,  nous avons enregistré cet album et rien ne va changer ce fait. On travaille déjà sur l’album suivant.

Bien sûr, c’est une réussite, mais penses-tu que cet album va vous ‘ouvrir des portes’ ?

B.K : Si c’est notre destin, nous jouerons à Heineken Festival ou à Off Festival l’année prochaine. On a enregistré un album magnifique. Il n’y a rien de plus important pour nous. On va voir en Janvier si l’album plaira au public.

Si tu devais réaliser un rêve, aux côtés de qui aimerais-tu jouer ?

B.K : Woooooooow. Il y en a beaucoup : Nick Cave, Eddie Vedder, PJ Harvey, Paul Oakenfold, Antony Heggarty, Trent Reznor, ce sont les premiers artistes qui me viennent à l’esprit.

Je te souhaite donc la possibilité de jouer un jour un concert avec eux. Merci beaucoup.

B.K : Merci.

www.myspace.com/nellart




Commentaires

1 commentaire to “La Pologne Alternative: NeLL”
  1. michalina says:

    Cet interview est grande surprise pour moi, c’est tres tres bien, comme Nell ;)

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