Pi4 – Pi4 (2010/autoproduit)
“ENTRE CIEL ET TERRE”
Pi 4 est un groupe ambitieux dont les réalisations suivent l’objectif affiché. Issus d’horizon divers, Jérôme Lelard (Piano), Claire Bellamy (contrebasse), Vincent Hernault (drums) et Pierre-Yves Langlois aux saxophones déclinent des thèmes originaux, puissants, élégants et précis dans un jazz aussi incisif que plein de nuances. Celui-là surgit en une majesté aussi classique que neuve. Il se teinte discrètement de tonalités funk feutrées, d’expressionnisme jazz-rock du meilleur goût. Pi 4 est aussi bon dans les envolées lyriques et violentes que lors de parties intimistes où la contrebassiste révèle son intelligence et sa sensibilité.
Original dans son expression à tonalité classique cet album éponyme est donc un ravissement tant il frôle la perfection. On aurait bien du mal d’ailleurs à émettre des réserves… Il se réécoute avec délectation et prouve que la France est devenue la patrie du jazz. Pas sûr en effet qu’on puisse trouver ailleurs une telle maîtrise technique au service non de la performance mais de la sensibilité. L’enregistrement live du groupe (au Palais de l’Europe du Touquet et à Wimereux) sonne comme un enregistrement studio tant la production est soignée. A part les applaudissements qui saluent chaque morceau nul ne pourrait en effet soupçonner son origine publique.
Le groupe s’amuse à faire entrer ses auditeurs dans la rythmique dégingandée d’une «Danse» avant de le laisser glisser dans des touches plus impressionnistes de “Café Froid” jusqu’à frôler le “free” “Entre ciel et terre”. Proche du domaine de l’expérimentation sonore hybride, le quatuor reste toujours en parfaitement harmonie d’ensemble. Il ne recherche pas l’effet ou l’éclat superfétatoire. Aucun des quatre musiciens ne tire la couverture à lui.
Pi 4 mise sur l’intelligence d’exécution au service d’une émotion avec une certaine euphorie mais sans la moindre emphase. Se produit une sensation de vertige assez hypnotique dont il est nécessaire de comprendre de l’intérieur les ressources de l’expression. Le groupe constitue donc un modèle : il atteint les propriétés spécifiques des matériaux sonores du jazz en ce qu’il possède de plus probant. Il touche même ce qu’on pourrait nommer – tout en mesurant de tels mots – une grâce immanente. C’est assez rare dans la production musicale trans-genre pour le souligner.













Pi4 en concert :
-31 janvier au Lieu,18h (Arras)
-13 février à la Jazz Station,18h (Bruxelles)
-26 février à l’auditorium Didier Lockwood (Calais)
http://www.myspace.com/quartetpi4
pi-4@hotmail.fr