Pony Taylor – Eleven Safety Matches (2009/SuperHomard)
Saviez-vous que dire « en Avignon » est en réalité faux, contrairement à ce que la légende urbaine et votre prof de français de quatrième vous assénaient ? La préposition « en » ne sert, en effet, qu’à désigner le royaume d’Avignon, qui n’existe plus depuis quelques siècles. La préposition « à », elle, désigne la ville, qui perdure de nos jours. Par conséquent, à Avignon donc, il n’y a pas qu’un pont et un palais, on trouve également Christophe, Cyril, Olivier (anciens fondateurs d’un groupe pop nommé The Strawberry Smell), Laurent et Alex qui ont formé Pony Taylor en 2006 et ont depuis partagé l’affiche de formations prestigieuses telles que Supergrass, les Hushpuppies ou Stuck in The Sound.
Des beaux noms face auxquels Pony Taylor n’a pas à rougir. Les références transpirent dans ce premier album Pop au style rétro British, mais de façon totalement assumée et plus qu’une resucée du genre, le groupe nous en offre un joli hommage. On songe aux Beatles bien sûr, en particulier sur le traitement du chant à deux voix, mais aussi à Supergrass et Oasis. L’imitation est troublante et l’album est tellement bien fait, l’anglais tellement soigné, la production acoustique so British, qu’on croirait le temps d’une grosse demi-heure qu’Avignon est une ville de la banlieue de Liverpool. Les mélodies de ces cinq garçons du pays du mistral ont la simplicité et la naïveté des premières chansons des quatre garçons dans le vent. De plus, l’album possède plus de richesses que les groupes homologues français : on y trouve un orgue, une flûte, et nombre de détails sonores qui ornent la musique sans jamais l’alourdir.
Si l’on fait l’impasse sur l’absence d’innovation en matière de Pop, la durée trop courte du disque serait son plus gros défaut, et encore… Plutôt que de remplir les blancs avec du vide, ou de tirer des longueurs superflues, Pony Taylor préfère proposer à l’auditeur onze titres de qualité constante (comme le dit si bien le titre, Eleven Safety Matches). Ainsi, aucune perte de rythme n’est à déplorer, et il est impossible de se lasser en si peu de temps. A n’en pas douter, en concert sur le pont d’Avignon (exemple pris au hasard total), sur ces titres on y danserait tous en rond, et on y taperait des mains à l’unisson.
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