Beat Assailant – Rhyme Space Continuum (2009 – Discograph)
sobriquet, nom masculin
Sens Surnom familier. Synonyme surnom Anglais nickname, sobriquet.
Petit nom affectueux ou péjoratif, le sobriquet se veut une définition, en un mot ou plusieurs, d’une personne d’après ses caractéristiques. Celui de Beat Assailant est “le plus français des rappeurs américains”. Cherchez donc son nom sur un moteur de recherche, et vous aurez de grandes chances de voir cette expression attribuée à l’artiste. Bien que surexploité, ce sobriquet est pourtant on ne peut plus vrai : Adam Turner, le MC d’Atlanta, est entouré d’un groupe presque intégralement français.
Un an et demi après le très Pop-Rock Imperial Pressure, et après une tournée française qui en donnait un avant-goût, le troisième album de Beat Assailant, Rhyme Space Continuum, sort en octobre dernier. Toujours la même formule : guitares très Rock, cuivres Funky, groove imparable et refrains efficaces s’allient avec le flow Rap dans des titres délicieusement métissés, et assez rétro. Car RSC possède ceci de différent des précédents disques : un petit côté Blaxploitation, soul vintage des années 70 plus marqué (le James Bondien “Spy”, ou “Get Your Life on Track”), et par conséquent une personnalité plus forte aussi. Le groupe ne se cherche plus ; il a trouvé sa voie. Il se lâche avec les expérimentations sonores et fait dans l’inédit sur toute la première moitié du disque. Ensuite, on retombe dans le plus convenu, avec le déjà-entendu “Underground Railroad” ou “Creep”, morceau soul très basique, jusqu’à l’interlude où… Non. Je vais laisser la surprise du dénouement final.
Rhyme Space Continuum est un album très typé et très riche, où encore une fois la bonne humeur du groupe s’entend – et pourtant, il y a du monde. Chaque écoute révèle un peu plus de trésors auditifs et le talent de la formation, qui fait honnêtement son travail même sur les titres les moins exceptionnels. Beat Assailant possède toutes les qualités pour être le meilleur artiste Rap français de l’année. A surveiller lors des prochaines Victoires, même si Diam’s a gagné d’avance – non que son album soit bon, mais elle risque surtout d’être prise en pitié…












