UNKLE – End Titles… Stories For Film

“This is not the new UNKLE album”, nous dit Lavelle en guise d’introduction. C’est beau la franchise, mais comme on dit, faute avouée à moitié pardonnée. On l’a bien compris, l’inspiration (la cohésion ?) étant un peu en berne du côté de chez nos bidouilleurs favoris, le moment était idéal pour sortir les chutes de luxe de War Stories, plus quelques collaborations avec Abel Ferrara pour son vrai-faux docu Odyssey In Rome. Pour l’homogénéité on repassera. L’alternance de morceaux éminemment cinématographiques (”Trouble In Paradise” et ses airs d’Hisaishi, les morceaux d’Odyssey…) et de ce rock glacial qui portait War Stories a toutefois le mérite de faire le tour de la question : UNKLE a un paquet de tours dans son sac, même si les beats encombrants et les samples exubérants n’en font plus partie. Le clou organique précédemment planté est enfoncé bien profond, et les “Cut Me Loose”, “Blade in the Back” et autres “Chemical” grondent en sourdine une rage intense et jubilatoire. Que ce soit Gavin Clark (”Cut Me Loose”, “Against The Grain”), Josh Homme (le survolté et hypnotique “Chemical”) ou les nombreux guests (une fois n’est pas coutume) qui s’invitent sur les titres, leur présence n’altère jamais l’identité finalement acquise par Lavelle & Co, privant UNKLE de son statut d’entité mouvante au profit de celui de vrai groupe, enfin. Pas un groupe de trip-hop, non, malgré “24 Frames”, malgré “Clouds”, et Psyence Fiction. Pas un groupe de rock non plus, à cause de cette obsession pour l’ambient, les cordes envahissantes et les boucles numériques. UNKLE erre, se nourrissant de ses envies, en parfait squelette musical auquel les styles abordés et les participations multiples donnent une chair protéiforme. Moins radical que War Stories, le groupe semble finalement assumer les penchants inavouables qui s’y étaient peints trop violemment.
Un constat pareil, ça mérite un bon gros juron. Un truc dégueulasse et pâteux, avec des postillons et tout. Mais avec l’amertume, ça coince. C’est quand même pas tous les jours qu’un groupe talentueux se trouve enfin, et ne puisse pleinement l’exprimer que sur un album avorté, sans aucun souci de cohérence, avant de se séparer. UNKLE n’est plus, alors qu’il vient de naître. Quelques échos de piano en guise d’adieu et le mort-né quitte la scène, avec ses promesses et, tout de même, une belle empreinte de son passage.



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