Blasted Mechanism – Mind at Large (2009 – Toolatemen)

Le Portugal n’est pas vraiment connu en France pour sa production musicale. Sortis des désolantes Lio et Linda de Souza, difficile de citer un nom : les Lusitanophiles penseront à la chanteuse Fado Amalia, les métalleux à Moonspell et les électreux à Rui Da Silva. Il est un autre nom qu’il ne faut pas omettre, qui vous dira sans doute quelque chose : Blasted Mechanism. On en parlait dans le rapport du Sziget 2009, puisqu’ils s’y produisaient.

Les Immortels apprécient la métaphore filée et aiment se moquer des poncifs, alors allons-y gaiement. Les Blasted Mechanism, en bons portugais, œuvrent dans la construction. Dans la construction musicale pour être précis. Ils bâtissent leur réputation sur deux principaux atouts : une musique souvent expérimentale dont le mortier se compose de World, de Rock, de Pop et d’Electro, et des costumes tout aussi hybrides et travaillés. Largués les Daft Punk et leurs casques de moto ; à des miles au large les black métalleux grimés de noir. Tandis que ces derniers se limitent, visuellement, à du petit cabanon, les Blasted tapent dans le gratte-ciel du déguisement.

Cependant, le ramage ne se rapporte pas toujours au plumage. Si l’image du groupe semble portée par de solides fondations, leur musique montre souvent de grandes faiblesses dans la conception. Mind at Large ne fait pas exception. Si les divers influences et instruments (didjeridoo ou vînâ) se marient toujours de façon harmonieuse, rares sont les explosions de génie.  Plutôt agréable à écouter, efficace dans le registre Variétés, sans prétention et surtout dépaysant, l’album n’atteint toutefois pas l’originalité promise par les costumes du groupe.

Résolument accessibles, les compositions restent assez classiques, rendant les morceaux tantôt fades, tantôt ennuyeux, empreints d’une naïveté pas tout à fait enfantine mais ressemblant plus à de l’auto-censure. Ou du manque de talent, diront les plus acides. Pas aidé par une production un peu plate, des textes mièvres et un chanteur moyennement doué (tant en technique qu’en anglais) rappelant Ozzy Osbourne (si si), l’album se révèle dans le fond peu inspiré et pas si expérimental que ça, en dehors du psychédélique “Hard To Breathe” ou du planant “Liberdade Destino” qui clôture le disque.

Mind at Large est donc une maçonnerie de facture classique dont l’originalité réside dans des détails de construction. Digeste et passe-partout, mais avec un brin de personnalité et de fraîcheur : une petite case au bord de l’océan où il fait bon se retirer une fois de temps en temps. Et qui ne sent même pas la morue.



Commentaires

1 commentaire to “Blasted Mechanism – Mind at Large (2009 – Toolatemen)”
  1. Julien Pons says:

    Blasted Mechanism, la 2eme claque après Pendulum (mais celle là était prévisible) au SZIGET !

Laissez un commentaire

Dîtes nous ce que vous en pensez...
ah oui, et si vous voulez avoir un avatar, cliquez sur gravatar!