Beat Assailant – Imperial Pressure (Dirty Dozen – 2008)

Beat Assailant

Oubliez tous vos préjugés sur le Hip-Hop. Tous, sans exception. Car Beat Assailant est différent. Il ne s’agit pas d’un Nigga musclé, tatoué, overlooké. Il ne débite pas des textes de Gangsta Rap préchant la religion FFF (Fric, Filles, Fringues). Il n’a tué personne, n’a jamais fait de prison. Il ne se vautre sur aucune grosse voiture de luxe remplie de pétasses en string. Beat Assailant, c’est d’abord un groupe, un vrai. Dix musiciens franco-américains, à ce titre on peut même parler de Melting Big Band, parmi lesquels Adam “BA” (”bi-ey”, à l’américaine), qui fait office de MC et de frontman sympa. Le reste se compose de l’orchestre de base (batterie, guitare, basse, claviers) accompagné d’une section cuivre, d’une choriste et – nouveauté – d’un DJ. De quoi clouer au lit tous ceux qui prétendent que le Hip-Hop, “c’est pas de la musique !”

Après un premier album réussi, Hard Twelve, la bande à BA remet le couvert en publiant sur leur propre label leur nouvel opus, Imperial Pressure. Et comme le précédent, il est à même de plaire à un public large, y compris les plus réfractaires au Rap. Le nombre de musiciens et leurs origines variées permettent un métissage musical très agréable : l’album est un élégant mélange de Soul, de Jazz, de Pop, de Hip-Hop, et de Rock. Il est d’ailleurs beaucoup plus orienté Pop-Rock que son prédécesseur : les rythmes sont plus soutenus, la guitare plus en avant et plus saturée, tandis que les cuivres se font plus discrets selon les titres, sans échapper toutefois à leur solo réglementaire. Belle initiative également, que d’avoir laissé plus de place à la choriste et sa voix chaleureuse. A noter que DJ Pfef, nouvelle recrue et cinq fois champion du monde de sa discipline, tire, logiquement, son épingle du jeu !

Le seul défaut majeur de Beat Assailant, c’est que c’est un groupe de Rap gentil. Par conséquent, les compositions d’Imperial Pressure, tout comme dans Hard Twelve, manquent souvent de profondeur et frôlent parfois la facilité, bien que pourtant bien léchées. Toutefois, il subsiste suffisamment de morceaux péchus, dits “catchy”, pour séduire le plus grand nombre : “Payback”, le single, “Better Than Us” ou encore “Crash The Party” (où BA chante !) feront certainement secouer la tête aux plus engourdis, tandis que d’autres titres (”Play By The Rules” notamment) ont tendance à tirer un peu en longueur. Et l’ensemble, très propret, peu finalement ennuyer les amateurs de sensations musicales.

Malgré ce manque de fantaisie qui fait que BA ne sera jamais N.E.R.D, Imperial Pressure pourrait probablement être l’un des disques de Hip-Hop qui pourrait reconcilier le genre avec ses détracteurs, repoussés par l’image que lui donnent les Bad Boys. Beat Assailant est un groupe sans prétentions, d’une élégance rare et très musical, dans la veine des gentils gars de Hocus Pocus. A voir absolument en concert !

Le MySpace du groupe.

“Payback” live aux Vieilles Charrues, en 2007 :



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  1. [...] an et demi après le très Pop-Rock Imperial Pressure, et après une tournée française qui en donnait un avant-goût, le troisième album de Beat [...]



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