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Entourée du contrebassiste Yoni Zelnik et du batteur Donald Kontomanou, la pianiste Leïla Olivesi offre un album d’une rare qualité : il donne envie de se racheter, de sortir des enfers de Jérôme Bosch pour aller vers celui d’une femme et se prêter aux mélodies de titres comme “Ellipsis” , “Danse pour Nefertiti”. On y gravit bien des chutes et parfois on s’y transforme en enfant de Plotin. On peut tout autant y prendre nos clics pour un claque, préférer la douceur du matin à la splendeur du crépuscule, savourer le jus des lèvres framboises de l’artiste qui lorsqu’elle joue se mettent à gonfler et brillent.

Ecouter son album revient à regarder des films lents où tout le monde galope, des films rapides où l’on bouge à peine. Cela donne envie de relire des romans de garces comme Beckett ou Schopenhauer et d’entrer en lumière et dans l’ombre à la fois. Soudain nous prend envie de revoir le coucher de soleil sur le Grand Canyon du Colorado et d’oublier Palerme. Les murs sont désormais poncés. Chaux devant ! Leïla Olivesi sait rendre la vie moins vieille ou au pire elle en brouille les dernières cartes afin que l’on puisse admirer Dieu en se regardant dans une glace. On aura compris que la mélodiste est aussi ou surtout une magicienne.



  1. Quel silence. Pourquoi ne pas prendre la parole?