Head Cat – Walk the Walk… Talk the talk (2011/Niji)
Adeptes du revival réveillez-vous. Le groupe rockab’ Head Cat revient avec un deuxième album. Le chanteur Lemmy (Kilmister, mais en existe-t-il un autre) est accompagné de dinosaures du genre : Slim Jim Phantom (Stray Cats) à la batterie et Danny B. Harvey (Lonesome Spurs) à la guitare. On est donc en bonne compagnie pour une dérive vers le passé et selon des canons plutôt dégingandés. A ce titre la version du “Say Mamma” de Gene Vincent à l’harmonica restera un must. Le group ose tout. Il va jusqu’à faire ses choux gras de Larry William. Il est vrai que Presley puis les Beatles s’y osèrent aussi.
L’album répond donc exactement à ce qu’on peut attendre d’une telle production. Entendu avec plaisir il sera vite oublié. Ce qui n’empêche pas de le reprendre en des moments de déprime. Autre avantage : il n’avance pas masqué. C’est bien le profit substantiel qu’on peut tirer de groupes résolument rockab. Ils ne font pas passer leur production pour des nouveautés. Pour autant ils valent souvent mieux que bien des groupes actuels. Entre autres – et ils sont pléthore – ceux qui ressassent ce que l’on a déjà écouté il y a 20 ou 30 ans sous couvert de postmodernité.
Il faut donc prendre the Walk pour une promenade dans un jardin étrange. Ce ne sont que lys froissés, calices décalcifiés, jonquilles jugulées, giroflées déflorées, tubéreuses entubées, mimosas momifiés, pulmonaires poitrinaires, cœurs de Marie fricassés, roses bleues ou saignantes, poivres verts en rien anesthésiés. Ce jardin hier encore berceau et pouponnière n’est plus qu’un cimetière, petit cinéraire pour roses trémières mais dont le cercueil lui-même est rongés de cerfeuils. Déjà on entend sonner le glaïeul. L’hallali du lilas a résonné. Font chorus quelques cris sans thème. Seul ancrées dans la nuit deux angéliques mélangent leur protubérance. C’est parfait dans ce jardin autant d’enfer que d’Eden.













Page MySpace