Sziget 2009 @ Budapest : troisième partie

Cet après-midi, ça commence à être dur. Les pieds bronzent avec la marque des tongs et le noir commence à s’incruster sous les ongles. On a abandonné la tente, le voisinage est trop pénible, et on rentre dormir en ville chez des amis. C’est mieux. Après tout, il y a des trains toute la nuit et Budapest ne craint pas trop, pourquoi se priver d’un bon canapé confortable ? D’autant qu’il reste encore 2 journées à tenir après celle-ci. Qui s’annonce brutale.

  • Jour 3 : vendredi 14 août 2009

Puisqu’on s’est couchés tôt (3 heures), on s’est levés à l’heure où les magasins étaient encore ouverts en ville, alors on va faire des courses. Pas question d’acheter de l’alcool : le service de sécurité est super coulant, sauf pour les liquides. Si ça sent la gnôle, ça finit dans la poubelle. On va donc se contenter de biscuits et de jus de fruits, pleins de vitamines. Ce soir, on va en avoir besoin.

Primal Scream est sur la Grande Scène, la Nagyszínpad comme on dit en magyar. La foule ne se presse pas vraiment bien qu’il soit plus de 18 heures. La faute à la fatigue ? A la chaleur ? Ou au groupe qui n’enthousiasme pas les non-initiés, qui de fait ne s’intéresse pas à son habituelle musique resucée des Rolling Stones ? Peut-être un peu tout ça à la fois. Pourtant, Bobby Gillespie est sympa et fait ce qu’il peut pour réveiller tout le monde, mais à part les fans, peu de gens émergent.

19h30. L’heure est grave. Le dilemme est cruel, le coeur balance, les idées se brouillent : vaut-il mieux aller voir Pendulum sur la Grande Scène, Birdy Nam Nam à l’Arena ou Amadou et Mariam sur la scène World ? Diantre, quels coquins ces programmeurs ! Et bien, cessons de suite le suspense : Amadou et Mariam, je n’ai jamais pu m’y faire. Birdy Nam Nam, déjà vus en première partie de The Prodigy aux Arènes de Nîmes. Et oui, en fait, le truc de l’hésitation, c’était pour rire. Alors le duo malien a peut-être été excellent, les Birdy ont peut-être mis le feu, je n’en sais rien et je m’en moque : Pendulum, bien sûr ! Et quelle claque ! Déjà vus à l’Elysée Montmartre il y a plusieurs mois, le groupe de Drum’n'Bass Rock s’exprime pleinement en plein air devant 50 000 personnes. D’autant que suite à un accident, où ils ont perdu un technicien et leur matériel, ils n’avaient pu honorer de leur présence le festival l’an dernier ; alors ils ont une dette à éponger, et de la sueur à faire perler. Les images parlent d’elles-mêmes :

Les pogos sont contre toute attente d’une courtoisie exemplaire. Pour citer quelqu’un : “c’est le premier pogo que je vois où les gens s’excusaient quand ils se bousculaient”. Malheureusement, l’ambiance est nettement moins amicale pour le concert suivant, assuré par The Prodigy. Ne sachant trop à quoi m’attendre mais craignant le pire, j’ai pris les devants et suis partie derrière, loin de la scène mais à l’abri de la foule. Des témoins se trouvant en plein milieu du public m’ont rapporté avoir pris des coups et des bières un peu partout. Bien me prit de m’abriter derrière le grand écran. Musicalement, pas de grande surprise par rapport aux spectacles vus cette année, au Zénith de Paris et aux Arènes de Nîmes. Festival oblige, le temps est compté et les titres minutés. Il n’empêche que The Prodigy reste un bon moment en live. Le dernier album, Invaders Must Die, est bien représenté, 6 ou 7 morceaux en étant extraits, et leurs classiques ne sont pas oubliés. Le batteur et le guitariste viennent renforcer la puissance des morceaux et Maxim et Keith bougent bien. A voir au moins une fois dans sa vie ; mais pas forcément plus.

The Prodigy @ Sziget 2009 - photo by Ben Houdijk

La soirée restera Electro. C’est qu’on deviendrait presque des habitués de l’Arena : on y finit sur le son Drum’n'Bass de Statik and Safair, dont on n’entendait presque rien. Il semble que l’installation sonore ait plus ou moins lâché, ou alors le limiteur de décibels est de mauvaise humeur ce soir. Cela n’augure rien de bon pour Grooverider qui est supposé suivre ; la plupart des gladiateurs fêtards, lassés par le volume aléatoire et trop bas, abandonne l’arène. Demain, The Crystal Method est censé y jouer : le problème sera-t-il résolu ? La réponse dans la quatrième et dernière partie du rapport, qui racontera tous les concerts du week-end. Tenez bon d’ici là.



Commentaires

1 commentaire to “Sziget 2009 @ Budapest : troisième partie”
  1. jean-paul gavard-perret says:

    A quand le fin de Sziget ? On attend.

    Et super la nouvelle mise en “scène”.

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