Sziget 2009 @ Budapest : deuxième partie

Sziget Festival 2009

La nuit a été très courte et le réveil très matinal. Une tente, en fin de compte, c’est pas le Ritz. Et ces matelas autogonflants sont une grosse arnaque, on ne voit pas la différence entre l’état gonflé et l’état vide. Heureusement que l’emplacement n’était pas couvert de cailloux. Un petit tour en ville, à l’appartement de copains pour prendre une douche et aller dans des toilettes propres, et l’on redémarre la boîte à sons pour une nouvelle journée. Sans doute la plus riche de la semaine.

  • Jour  2 : jeudi 13 août 2009

L’après-midi débute en douceur dès 15 heures avec la Missy Elliott germano-roumaine Miss Platnum. Plus élégante, plus drôle et plus talentueuse que son analogue américaine, son Hip-Hop oriental sympathique en plein n’a toutefois pas réussi à faire décoller le public de sa torpeur matinale (oui, au Sziget, 15 heures c’est le matin). La prestation est honnête mais le feeling n’est pas vraiment passé, la faute à une absence cruelle d’énergie. Dommage.

Miss Platnum

C’est au tour des Ting Tings d’enchaîner sur la Grande Scène.  Voilà un groupe dont on ne parlait pas il y a 6 mois, qui ont eu la chance de voir l’une de leurs chansons illustrer une pub pour un célèbre lecteur mp3 (qui fait aussi grille-pain) et qui pour cette seule raison, se retrouvent propulsés sur une scène géante devant 50 000 personnes (moins quelques fans aveuglés) qui constateront avec effroi leur manque absolu de talent. The Ting Tings est un duo de Néo-Punk qui joue mal et chante mal (c’est le genre qui veut ça, on leur concède) et par là, ne peut trouver sa place que dans une petite salle sombre fréquentée par des gens ivres incapables de décerner les pains. Un moment inutile qu’il aura fallu abréger pour acheter de quoi goûter, et pique-niquer le sandwich au fromage ainsi préparé en regardant tourner les manèges, c’était bien meilleur.

On retourne à la Grande Scène pour voir Die Toten Hosen. Ah, que de souvenirs ! Là encore il s’agit de punk, mais du légendaire, du viril, du suant, de l’allemand. Mais qui a vieilli. Les groupes Punk c’est comme les tomates : plus c’est mûr et moins c’est acide. Par conséquent l’ennui pointe vite le bout de son nez, et il a bien fait : pris d’une subite envie d’aller faire un tour pour voir ce qui se passait ailleurs, nous (moi et un DJ célèbre) nous perdîmes un peu dans le programme. Rien que l’un de nous deux ne connaissait. Une petite description toutefois attira mon oeil sur un groupe portugais (ah ? Il n’y a donc pas que Moonspell et Linda de Souza ?) : “un groupe Rock avec une touche d’Electro. Et un nom génial !”. Pas très causant, mais pas pire que le reste : adjugé, essayons. Direction la scène A38-WAN2 pour aller voir, au hasard, un groupe qui ne me disait rien alors que pourtant, je le connaissais. Approchant du chapiteau, j’entends déjà les rythmes endiablés et un didjeridoo. Mon sourcil droit se relève en accent circonflexe. Tirant la toile de tente et pénétrant à l’intérieur, je les vis sur scène et les reconnus immédiatement : les Blasted Mechanism, bon sang, mais c’est bien sûr !

Blasted Mechanism @ Sziget 2009

Ce n’était pas à proprement parler une découverte puisque je les connaissais déjà. Mais je les avais, pour une raison mystérieuse, totalement effacés de ma mémoire. La surprise fut cependant identique ; un peu comme lorsque l’on retrouve un billet de 20€ que l’on avait planqué dans le tiroir à chaussettes et dont on avait fini par oublier qu’on l’y avait mis. Blasted Mechanism mêle une Pop-Rock un peu simplette à des sonorités world et des rythmes électro, mais possède surtout la particularité, vous l’aurez constaté, d’arborer des costumes de dingues. Si parfois leurs disques sont poussifs et ennuyeux, sur scène leur musique revêt une puissance inédite et bien plus à la hauteur de leurs costumes. Un bon moment, à garder précieusement dans un coin de la tête, parce qu’en dehors du Portugal, les Blasted sont aussi rares que le devient la morue.

Les portugais ont dépassé leur créneau horaire, si bien que le temps d’arriver à la Grande Scène, les Bloc Party ont déjà commencé à jouer depuis un certain moment. Malheureusement, nous n’arriverons pas assez tard pour rater le massacre “Mercury”, qui, ne tournons pas autour du pot, ne ressemble à rien en live. Le reste est plus correct mais très convenu. Ce n’est pas eux qui nous retiendront d’aller manger en attendant le début de Fatboy Slim.

Norman Cook est très attendu ce soir. N’ayant pas fait tous les concerts de la Grande Scène, je ne peux affirmer que ce fût réellement le cas mais il m’a semblé que c’est lui qui a attiré le plus de monde cette semaine-là. Seul face au public, il a réussi à nous servir un set savoureux avec le plus grand des sourires. Au programme, quelques-uns de ses hits (”Praise You” en introduction, “Right Here Right Now”…) puis, à la deuxième moitié, une sélection maison, dont un remix David Guettaesque de la cultissime “Cancion del Mariachi” (Ay ay ay ay mi amor !) et un autre de la surfaite “Seven Nation Army” (qu’une certaine émission de télé-réalité a réussi à ringardiser) pour un mix Electro qui ne nous laissera pas une seule seconde de répit pour souffler, un peu comme cette phrase, quoi.

La soirée n’est pas terminée. Direction la A38 sans passer devant la tente Metal de MTV et son Headbangers Ball où jouait Satyricon pour aller voir Tricky. On ne sait pas vraiment à quoi s’attendre, sans doute quelque chose de planant, qui risque de nous abrutir, alors on s’y rend d’un pas lent. Erreur fatale. A peine rentrés, le doute nous assaille : c’est du Punk Rock bruyant. Fichtre, soit Tricky a déjà fini, soit il n’a pas commencé, soit on s’est planté d’endroit. Non, rien de tout ça. Le “Remember boy, you’re a superstar” ne trompe pas, il s’agit bien de “Council Estate” et donc de Tricky, qui sera en ce qui me concerne la plus grosse suprise du festival. Rien de planant, rien de Trip-Hop (ou peut-être au début du concert que j’ai raté) : l’anglais nous la joue punk déchaîné, grand gamin hyperactif, fauve surexcité lâché dans le poulailler. Accompagné de Francesca Belmont, il ne joue pas la star. Elle chante autant, voire plus de texte que lui. Il reste sur le côté, à s’éclater comme un gosse. Il fait monter 15 personnes sur scène lors d’une reprise d’”Ace of Spades” de Mötörhead, interprétée par Francesca. Il nous cause, nous crie dessus, nous tape dans les mains, nous balance sa sueur sans la tronche. Il saute, se tortille, se marre, prend parfois la pose. Ce mec sait définitivement faire la fête et nous invite à le joindre. La musique ? Pour tout dire, je n’ai pas vraiment fait attention… Je crois que c’était bien.

Tricky @ Sziget, photo by Velvet Press

C’est sur le post-Rock parfaitement exécuté de colorStar, groupe hongrois, que se finit ma soirée. C’est pas mal, bien atmosphérique, mais bigrement pâle après la claque from Bristol que nous a filée Tricky. Une bien bonne nuit pleine de rêves s’annonce. Et demain : Primal Scream, Pendulum, The Prodigy et Grooverider.



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  1. [...] qui vous dira sans doute quelque chose : Blasted Mechanism. On en parlait dans le rapport du Sziget 2009, puisqu’ils s’y [...]



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