Budapest, Hongrie. Le temps est à l’orage, l’atmosphère est chaude et humide. Des visages étranges parcourent les rues, des langues étrangères emplissent les airs. J’ai la peau moite et les pieds qui tremblent : je marche vers 5 jours et 5 nuit intenses, à l’un des plus grands festivals de musique au monde : le Sziget, sur l’île d’Obuda, pas moins de 108 hectares de fête, une dizaine de grandes scènes et une dizaine de petites, le tout pouvant accueillir près de 400 000 personnes. En annexe, des tentes-hôpitaux et postes de police, des restaurants et des bars à foison, des attractions, un salon de massage, des stands religieux, une piscine, un cirque… Une ville éphémère grande comme un arrondissement de Paris qui se monte juste le temps d’une petite mais costaude semaine sonore.
“Entre deux Palinka, on peut se manger un ragoût de couilles de coq, ça te dit ?”
Outre le tourisme dans la cité fluviale de Budapest, au bord du Danube, l’affiche du festival est attrayante, une fois de plus : The Prodigy, Pendulum, Eric Prydz, Life Of Agony, Faith No More, et tant d’autres. Impossible de tout voir, il a par conséquent fallu faire des choix ; et les surprises, bonnes ou mauvaises, furent légion. Première partie du rapport, la suite au fil de la semaine…
- Jour 1 : mercredi 12 août 2009
Qu’y a-t-il de mieux pour ouvrir un festival estival que de débuter au son tranquille de la bossa-new wave de Nouvelle Vague ? Facile : monter la tente. Après une longue marche dans des endroits où les tentes s’entassent, un emplacement enfin se dessine et l’emménagement peut s’effectuer. Le nid d’amour est monté, les hostilités peuvent être lancées. Au programme du jour : apprendre à connaître le site, d’abord. Ça ne devrait pas être compliqué, on a un plan :

Pour votre information, sachez que l’île fait 2 km de long : 30 minutes pour la traverser, en vitesse optimale. Parce qu’il faut éviter la foule et surtout, résister aux verres de Palinka. Pas simple, c’est pour cela qu’il faut consommer l’alcool avec modération. Sinon on se paume et on finit dans la tente des copains, c’est embêtant.
Après un petit tour dans la Tente Roumaine ou un quatuor Rom nous donne une claque avec leurs cordes, il est un peu plus de 18 heures lorsque je parviens enfin à la Grande Scène où se produit Ska-P. Le public, 50 000 personnes à peu près, est en folie, le groupe aussi. Malheureusement je n’aime pas le ska ; toutefois je pense savoir reconnaître un concert lorsqu’il et bon, et ce fut le cas : bonne ambiance (du moins du côté gauche de la scène) et groupe qui joue bien et s’amuse. Déplacement ensuite vers la première découverte et première bonne surprise du festival : Oi Va Voi, un groupe de Pop-Ska-Yiddish anglo-hongrois. Composé de sept personnes (un batteur, un guitariste, une bassiste, une chanteuse, une violoniste, un trompettiste et un clarinettiste-chanteur). Un groupe diablement sympathique qui définit parfaitement le mot “mixité” : musicale, sexuelle et culturelle. Si leur musique n’atteint pas des sommets d’ingéniosité, l’énergie et la bonne humeur déployée nous font passer un excellent moment. Les filles se réjouissent de constater que 3 musiciens sur 7 sont des nanas (Girls power !) et les hommes s’en réjouissent aussi, parce qu’en plus d’être talentueuses, elles sont plutôt canons.

Un gros break “visite de l’île” plus tard, c’est à la tente de l’Arena, boîte branchée de Budapest, que l’on retrouve Paul Rogers pour un mix techno assez minimale (et un peu ennuyeuse), suivi de Pete Tong, le fameux DJ de la BBC, dont on ne verra malheureusement pas grand chose, épuisés par le voyage. L’on pense très forts aux ratés du jour (Calexico ou encore les Backyard Babies). Mais avant d’aller se coucher, un petit tour vers le bar français où des dizaines de compatriotes s’amusent sur des chansons des années 80. Oui, vous l’avez bien lu : y’en a qui osent faire plus de 1000 kilomètres et payer 180 euros pour assister à l’un des plus grands festivals dans le monde, offrant l’opportunité de voir plus de 600 concerts, et ceux-là même vont passer leur soirée à danser sur du Tryo dont le disque saute. Je sais que c’est moche de juger, mais tout de même…
Demain, la suite, avec notamment Miss Platnum, Die Toten Hosen, Fatboy Slim, Tricky, et des surprises…












Quel silence. Pourquoi ne pas prendre la parole?