Iron Maiden – The Final Frontier (2010 / EMI)
« Dans l’espace, personne ne vous entendra crier ». Telle était l’accroche du premier film Alien. Et si ces premières tribulations d’Ellen Ripley ont quelque peu vieilli, cet avertissement porte encore. Aussi, lorsque le groupe britannique Iron Maiden renoue avec la dimension spatiale, déjà aperçue avec Somewhere in time et livre un trailer d’album qui fait tant référence aux luttes menées par le personnage incarné par Sigourney Weaver qu’au jeu Dead Space, l’intérêt s’aiguise, et on se prend à songer qu’Eddie pourrait bien nous surprendre.
Néanmoins, le doute subsiste. Si Brave new world avait été des plus marquants, et pas seulement en raison des retours conjoints d’Adrian Smith et de Bruce Dickinson dans la formation, Dance of death et A Matter of life and death, sans être ratés, s’étaient révélés des plus communs. Au final, un ou deux morceaux sortaient du lot, mais le reste restait assez nébuleux. A se demander donc si Steve Harris et consorts sont en mesure de danser entre les astéroïdes, tel un Faucon Millenium voguant sous pavillon britannique, ou si le crash est inévitable.
Les singles proposés, censés donner le ton de l’album, laissent au final une impression mitigée. Le trailer de l’album, aussi avant-goût du clip de “Satelite 15… The Final frontier”, piquait la curiosité dans sa version courte mais pique au final la rétine avec ses effets spéciaux un peu datés. “El Dorado”, offert en libre téléchargement avant la sortie de l’album et doté d’une esthétique comic de science fiction des années 50, dispose également d’un charme quelque peu suranné, ne parvenant pas réellement à surprendre sans pour autant déranger.
Il serait grandement exagéré d’affirmer que le reste de l’album est de la même teneur. Certains travers sont néanmoins à noter. Ainsi “The Alchemist” sonne familier aux oreilles en raison d’un certain parallèle pouvant être établi avec “Flash of the blade”. Ce mécanisme d’autoréférence semble inévitable compte tenu de la longévité du groupe, mais peut parfois agacer, d’autant plus qu’il n’est pas circonscrit à un seul morceau. Iron Maiden ne fait pas que se répéter, et certains passages font preuve d’une réelle vitalité artistique. L’impression ne persiste pas cependant sur la totalité des morceaux concernés, des figures plus connues survenant à un moment ou un autre.
The Final frontier s’inscrit dans la lignée de A Matter of life and death. Il s’agit d’un album long, teinté de progressif, avec des fragments rappelant certains moments de bravoure passés. Clins d’œil pour certains, resucées pour d’autres, ces références ne doivent pas occulter la réelle vitalité musicale des membres. Pour autant, il est possible de se demander si Iron Maiden, indéniablement le vecteur le plus rentable pour leur art, en est toujours celui qui est le plus adapté à leur évolution.
- Satellite 15… The Final frontier
- El Dorado
- Mother of mercy
- Coming home
- The Alchemist
- Isle of Avalon
- Starblind
- The Talisman
- The Man who would be king
- When the wild wind blows
Site : http://www.ironmaiden.com













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