Sonic Youth – The Eternal (Matadors Records – 2009)
Sonic Youth est un groupe de rock indépendant fondé à New York en 1981. Cette structure punkistante à géométrie variable est souvent associée à différents courants musicaux : no wave, hard-core, grunge, post-rock, électro minimalisme. Les membres du groupe sont surtout connus du grand public chez nous pour avoir offert leur soutien à un groupe mythique, alors débutant : Nirvana.
Leur volonté expérimentale bruitiste s’exprime autant sur leur label Geffen que sur leur propre label, qui leur permet d’évacuer leurs créations trop alternatives. Mais pour leur 16ème album Kim Gordon et Thurston Moore (accompagnés de Mark Ibold de Pavement) ont choisi le label indépendant Matadors qui met le paquet sur le marketing et la prévente de l’album (avantageuse quant au prix et aux bonus). Il est aidé par l’hebdomadaire Newsweek qui présente un mix de l’album sur le Net, que nous avons écouté.
Le groupe réapparaît tel qu’en lui-même : spécialiste de la manipulation sonore et du faux mauvais usage de la rhétorique, il envisage diverses séries de dérives parfois jusqu’auboutistes. Selon Moore, trop de pop-writers ne font que survoler les potentialités de la musique et s’en tiennent à un survol instrumental. A l’inverse Sonic Youth continue à inventer une satire des musiques pop qui, si belles soient-elles, sombrent dans l’oubli. Se posant la question centrale pour lui : “peut-on tirer quelque chose de ce que la société se dit à elle-même à travers ses représentations sonores ?”, Gordon et Moore ne cessent de lancer leurs audaces sans présupposés, ni préjugés afin de repérer, voire de surajouter ce que le second nomme des « effets de récurrences inattendues ».
Toutefois n’en demandons pas plus à Sonic Youth. Le groupe n’entend pas élaborer une épistémologie. Tout au plus, et par la bande, il essaye de saisir les obsessions de la sociétés à travers ses propres fantasmes musicaux. Il construit une histoire très particulière de la pop en étant attentif aussi bien à la vie de tous les jours qu’aux recherches sonores les plus avancées. C’est pourquoi ce nouvel album suggère les hantises non seulement des artistes du groupe mais de la société. Mais Sonic Youth ne dénonce rien : il fait mieux et offre un dialogue de sourds aux aveugles que nous sommes… C’est sans doute pourquoi il a fallu qu’il attende longtemps ce nouvel opus qui, une fois de plus, dérange par sa “saleté” le mythe contemporain de la communication. On peut donc une fois de plus saluer le travail de découverte de Moore. Ce dernier révèle un monde sonore pris entre de grandes espérances en berne et des illusions perdues.
Sonic Youth fait donc entendre l’écho dissonant de l’époque au sein d’une musique qui même si elle doit s’écouter pieusement ne possède rien de religieux. Admirons donc sa “laideur” sonore pour un lavage d’oreilles qui n’a rien de standard.
L’album sera en vente le 9 juin.
Tracklisting :
1. Sacred Trickster
2. Anti-Orgasm
3. Leaky Lifeboat(for Gregory Corso)
4. Antenna
5. What We Know
6. Calming The Snake
7. Poison Arrow
8. Malibu Gas Station
9. Thunderclap For Bobby Pyn
10. No Way
11. Walkin Blue
12. Massage The History













God… t’as tout dit. Un blog à rajouter dans ses favoris.
t’as dit quoi au juste ? C’est le post le plus abscon que j’ai pu lire sur SY. Sans blagues. Tu leur en demandes trop. Dès fois la musique, ça s’écoute
Et le français, ça s’apprend. JP a un style littéraire qui est très clair quand on a un minimum le sens de la lecture. Je te propose de relire ce texte à tête reposée, avec un dictionnaire si vraiment c’est trop dur, et tu verras que son idée ressort très bien. Sinon je te propose d’aller lire la chronique de LapiNoise90fromBrest : “le dernié SY c tro bien lol”, elle est intéressante aussi.
ça me paraît clair pourtant. Et je demande aux SY ce qu’ils sont capables de donner : beaucoup. Et beaucoup plus encore. Un de rares groupes qui depuis le départ cherche et ose.
Et et et une bonne nouvelle ! le bar parisien Le Motel organise un Tribute To Sonic Youth le mardi 22 septembre à partir de 18h !
avec des reprises de Hey Hey My My, Nelson, (Please) Don’t Blame Mexico, Top Top et plein d’autres
alors venez lever vos verres à la santé de nos quiquagénères préférés !
Le Motel / metro Ledru Rollin – Bastille / 8 passage Josset 75011
Voilà un article qui brasse de l’air… De la branlette littéraire aussi creuse que
… que la fin de ce commentaire ?