THE DODOZ à la Maroquinerie (Paris) le 21 Mars

The Dodoz font du rock l’accomplissement d’un désir demeuré désir, mais ne le traitent pas avec courtoisie et on s’en félicite. Leur épidémie d’extase ne va pas avec le pathos, mais l’énergie, c’est pourquoi le groupe crée le buzz partout où il se produit depuis longtemps, et donc bien avant la sortie de leur premier album officiel au cours de cette année. De Toulouse – d’où ils sont originaires – à Paris, The Dodoz tranchent par leurs prestations sur le commun des spectacles rock. Après un morceau retenu dès 2006 sur la compil CQFD des Inrockuptibles, Siouxsie (presque mamie mystique mais toujours branchée rock) les a invités à jouer en ouverture de son concert à la tour Eiffel lors des Coke Music Discovery. La surprise s’est poursuivie et le groupe a bénéficié de son repérage au Radar Festival et il a pu trouver un support vidéo d’un jeune réalisateur de clips. On peut donc trouver sur le Web la version visuelle de leur titre « Weapon ». Mais le groupe a déjà dépassé les frontières hexagonales. Il a participé entre autres à Manchester à la convention « In The City » de l’industrie du disque britannique. A cette occasion le groupe a signé sur le label Murrayfield Music de Peter Murray leur premier album qu’il vient de terminer.
Adrien (batterie), Jules et Vincent (guitares) et surtout Géraldine (basse, voix et égérie) déménagent et font figure de proue de la jeune scène à la fois indie et pop-slim-Converse made in France. Au moment où Pete Doherty fait une série de concerts en France, on rêve d’une nouvelle rencontre avec lui. The Dodoz avaient déjà assuré la première partie de l’icône des Babyshambles et de The Libertines. S’affranchissant d’un rock trop carré, le groupe est de plus en plus enclin au vagabondage. Déjà bien rodée (depuis 5 ans de travail) leur musique est devenue presque un art de vivre et n’est plus un simple mirage à l’illusion bienfaisante. Bien formés à la scène et sous la coupe de son égérie, les Toulousains savent faire de chaque concert un véritable échange sonore. Surgissent dans leur prestation scénique de l’assurance et de l’audace. Effluves impondérables de bitume et de gerbes de feu, leur rock n’a rien d’une marinade écoeurante. C’est avant tout un vagabondage puissant réduit à un sentiment d’existence et d’énergie, bref il s’agit là d’une forme de rock pur et porté à l’incandescence, signe de la relance d’un genre que The Dodoz reprennent si bien qu’on oublie parfois qu’ils sont de chez nous, tant leur capacité de présence rappelle les modèles anglais du genre.












