Depuis cinq ans, le Hellfest s’est imposé comme l’un des festivals métal les plus courus et les plus éclectiques au monde. Les Immortels se devaient de s’y rendre, enfin, dirais-je… PRENDS GARDE CLISSON LA ROMAINE, NOUS VOICI !
C’est donc armés de chaussures confortables, butagaz, tente et appareil photo sous le bras qu’avec Camarade Maussade, ma chère et tendre, nous avons démarré notre rutilant véhicule, et en moins de temps qu’il faut pour lire Guerre et Paix dans la langue (oui, ce n’est pas tout près la Loire Atlantique, fidèle lecteur !), nous voici dans la place !
Pour ma part, c’est la quatrième fois que je fais le déplacement (c’est un dépucelage pour Camarade Maussade), et – ô surprise – dès le jeudi soir, le premier parking sur la nationale menant au site est déjà plein ! Ça promet du monde… Direction un champ un peu plus loin, et nous voici garés. Après être passés chercher nos précieux sésames, nous installons notre domicile pour quatre jours dans un camping déjà aux trois quarts rempli d’une foule bruyante et bigarrée. Nous prenons bien soin de laisser quelques places de libres pour les copains, et une fois toutes les tentes montées, deuxième surprise : une bonne grosse averse ! Heureusement ce sera la seule du weekend, mis à part une petite bruine un matin : on ne rééditera pas le “mudfest” de 2007, même si depuis je prévois toujours les bottes dans le coffre !
Après une courte nuit, entre vagissements, vuvuzelas (et oui il y en avait déjà !), et hurlements en tous genres, c’est le grand jour. Nous revêtons nos plus beaux atours de satanistes assoiffés de sang (à savoir pour ma part un t-shirt Def Leppard, trop evil le gars !) et direction le site. Alors je vous préviens tout de suite, vu les 115 groupes prévus, nous nous sommes concentrés sur les deux mainstages, à vous lecteur de vous plaindre aux administrateurs des Immortels pour, l’année prochaine, avoir toute une équipe d’envoyés spéciaux, un camion avec liaison satellite, des chambres luxueuses payées par le contribuable… etc… non, en fait ça ne sert à rien d’user vos doigts et vos claviers ! (ndlr : en effet, n’oubliez pas qu’on me surnomme Kim Jong-Ill.)
Vendredi 18 Juin
Arriver en retard au Hellfest, tout le monde devrait le savoir, c’est risqué… Nous loupons malheureusement Finntroll, qui a été avancé. Apparemment le mélange folk/death métal des finlandais a trouvé son public, et le groupe a effectué un très bon set aux dires des quelques spectateurs interrogés.
Walls Of Jericho – Mainstage 2
Après être allés chercher nos jetons, monnaie d’échange locale servant principalement à payer la cervoise, quoi de mieux pour se mettre en jambes qu’un mélange bien couillu de métal et de hardcore, tout droit venu des rues de Detroit ? Nous nous mettons en place devant la scène, et en effet quand la mignonne petite chanteuse Candace Kusculain et ses amis envahissent la scène, c’est un déluge de gros riffs carrés, de refrains scandés que l’on prend dans la tronche. Au grand bonheur des coreux présents en force ce jour là (il y a aussi Biohazard ce soir, sur la même scène), les Walls of Jericho, nous offrent un set sérieux, comme ils en ont l’habitude, l’enchainement de moshes dans la fosse en est la preuve.
KMFDM – Mainstage 1
Vite, un désaltérant à base de houblon, et direction la mainstage 1 pour découvrir KMFDM, figure historique de l’indus, avec Ministry. Personnellement, je n’en attendais pas grand chose, n’ayant pas du tout accroché à l’écoute sur leur myspace, et bien des fois, je ferais mieux de fermer ma mouille : c’est TRÈS bien en live ! Un tempo rapide, droit comme une ligne de chemin de fer de la Ruhr, une guitare bien crade et énervée, un son assez bon (fait suffisamment rare en festival en plein air pour être souligné) je me suis laissé prendre et me voilà à headbanguer pour la première fois de la journée. LA très bonne surprise du jour en ce qui me concerne.
Infectious Grooves – Mainstage 1
Suicidal Tendencies l’année dernière, Infectious Grooves cette année, Mike Muir prendrait-il goût au public du Hellfest ? En tout cas, ce n’est pas moi qui m’en plaindrais, je m’installe pour savourer au mieux ce retour “violent and funky” dans mes années lycée ! Le public se presse devant la mainstage pour profiter dans la bonne humeur de ce mélange de funk et de métal. Comme à son habitude, Mike Muir privilégie le contact avec le public, nous apprend que c’est la première fois qu’Infections Grooves se produit en festival (la groupie en moi fait : “waaaaaaaaaah !”), et enchaine les tubes (”Boom Boom Boom”, “Violent & Funky”, “Monster Skank”). L’ambiance chauffe de plus en plus, ça bouge vraiment beaucoup, toujours avec le sourire : c’est l’heure de mon premier slam : YAHAAAAH ! Les musiciens semblent se régaler autant que nous et sautent partout, le père Muir fait monter un fan tout ému pour une traduction expresse, puis environ 98876867576 festivaliers pour finir leur set en beauté. Vraiment un des grands moments de ce Fest cuvée 2010.
Les estomacs crient famine, et le temps de se trouver quelque chose de mangeable (pas facile haha, heureusement que les bougnats étaient là avec leurs tartines monstrueuses au jambon de pays !) et de se rafraichir le gosier, nous ne suivrons les sets de Sick Of It All et Sepultura que de loin. Néanmoins, même si il ne reste plus grand chose du Sepultura d’origine (seul le bassiste Paulo Jr reste a son poste), l’ado qui subsiste en moi secoue la tête sur les vieux tubes “Arise”, “Territory” ou “Troops of Doom”, chantés avec vigueur par l’impressionnant Derrick “Predator” Greene.
Arch Enemy – Mainstage 2

La nuit s’installe doucement à Clisson, nous nous dirigeons vers la mainstage 2 pour voir en action le death-mélodique d’Arch Enemy. Angela Gossow arrive sur scène le couteau entre les dents, et même connaissant la belle (la bête ?) sa présence scénique est bluffante de puissance. Les frangins Amott nous gratifient eux de shred virtuoses et la foule présente semble sous le charme. Le groupe livre donc un set sérieux, qui pour ma part, manquera quelque peu de fantaisie et d’interaction avec le public. Un poil déçu le Sbel…
Fear Factory – Mainstage 1

Sans coup férir, l’usine de peur, forte du retour de Dino Cazares aux affaires, et d’un nouvel album, commence son set sur la scène principale. Au programme un déferlement de rythmes Indus et de guitares torturées… Hélas, un son terriblement brouillon, et des musiciens semblant peu concernés me gâcheront le plaisir que j’avais à les découvrir sur scène. Un concert en demi teinte…
Après cette journée bien remplie, les pieds déjà douloureux, nous loupons les coreux de Biohazard, pour retrouver le calme tout à fait relatif du camping… en avant pour une bonne nuit de demi-sommeil, entrecoupé de hurlements éraillés.
Samedi 19 Juin
Arf… la fatigue au réveil n’a pas d’équivalent, pas de doute, on est bien au Hellfest. Après un café rapidement avalé, en route pour le centre ville de Clisson, pour le petit déjeuner traditionnel au muscadet. Alors, un conseil : si vous venez au Hellfest, n’hésitez pas à profiter du calme de cette ravissante petite ville, et à discuter avec ses habitants tout à fait charmants. Château médiéval, petites rues pavées, les rives verdoyantes de la Sèvre Nantaise et de la Moine, et muscadet savoureux… c’est toujours un bonheur !
Mais le temps passe vite, et une grosse journée nous attend et nous nous redirigeons vers le site du festival.
Tankard – Mainstage 2
Nous suivons le concert en dehors de la foule, assis avec une bière, mais l’enthousiasme des trasheurs allemands est communicatif ! Un set plein de bonne humeur, qui met en jambes pour la journée.
Pretty Maids – Mainstage 1

Nous voici en présence d’augustes glameux vieillissants, qui remplacent Ratt un peu à la dernière minute… Mais attention, point de palliatif ici ! Les danois nous livrent au cours d’une prestation survoltée un heavy métal de très bonne facture. Danni Atkins, le frontman à la voix éraillée, un bassiste poseur à l’extrême (Hal Patino, ex-bassiste de King Diamond siouplait), des riffs très accrocheurs, ce sera pour moi la seconde bonne surprise de ce Hellfest.
Anvil – Mainstage 2

Direction la mainstage 2, derechef et sans attendre, car voilà les canadiens d’Anvil… Si un groupe de métal peut se targuer de revenir de loin, et d’être resté fidèle à ses valeurs, c’est bien Anvil. Pour s’en convaincre, regardez donc le fabuleux film “Anvil, the story of Anvil” de Sasha Gervasi ! Ayant frôlé la gloire au début des années 80, le groupe a sombré dans l’oubli, enchainant les tournées miteuses et les concerts non payés devant cinq personnes, frôlant le split a de nombreuses reprises… Grâce au film, les revoilà sur le devant de la scène, et les sourires tant sur les visages des membres du groupe, que dans la foule font chaud au cœur ! C’est parti pour 45 minutes de heavy métal à l’ancienne, dans une bonne humeur contagieuse, avec un Steve “Lips” Kudlow survolté qui nous fait profiter d’un solo de guitare avec un vibromasseur (gros succès !), de l’hymne du groupe “Metal On Metal”, puis Robb Reiner nous pond un solo de batterie épique… le set des canadiens passe vite, trop vite, c’est déjà le moment de se dire au revoir (pour Lips en parlant dans les micros de sa guitare, re-gros succès !). En espérant les revoir très vite dans nos contrées !
Airbourne – Mainstage 1

Hop, à peine le temps de passer d’une scène à l’autre, nous voici en place dans la foule (et quelle foule !) pour admirer la fougue des australiens d’Airbourne. Leur set commence par un “Raise The Flag” très, mais alors très énervé ! Le public est chauffé à blanc d’entrée, ça bouge, ça bouge même beaucoup ! Joel O’Keefe est comme à son habitude totalement survolté, et bondit d’un côté à l’autre de la scène tel un petit cabri sous amphétamines… tous les classiques du groupe y passent : “Runnin’ Wild”, “Blond Bad and Beautiful”, “Cheap Wine and Cheaper Women”… ainsi que le traditionnel solo de “Girls In Black” effectué à près de dix mètres de haut, après l’escalade périlleuse d’un des montants de la grande scène ! Rock ‘N Roll baby !! Le public est aux anges, moi itou, et c’est donc le moment de mon deuxième slam, histoire d’aller faire un autre câlin aux gros bébés qui nous récupèrent devant la scène. Merci les gars ! Pour résumer, encore une grosse performance d’Airbourne, peut-être bien la meilleure du festival, qui sait…
A peine le temps de se remettre avec une petite bière (plusieurs même, en compagnie des suédois de Freak Kitchen, tout à fait charmants), et pour Camarade Maussade, en bonne groupie, d’aller se jeter, backstage, dans les bras luisants de sueur de Joel O’Keefe (oui, oui, nous somme bien des parvenus !) que voici venir pour moi un des moments TRÈS attendus de ce Fest 2010 : Slash !
Slash – Mainstage 1

Oui, oui, il est bien là, chapeau haut de forme sur cheveux frisés noirs, ray-ban sur les yeux, Slash ! Le vrai hein, pas celui qu’il y avait sur les posters qui tapissaient les murs de ma chambre d’ado… Alors certes, le chanteur n’est pas Axl Rose, Slash est aussi mutique que la carpe du proverbe, et ses nouvelles compos sympa mais sans plus, mais son feeling incroyable est toujours là, et les “Paradise City”, “Rocket Queen”, “Sweet Child O’Mine” et autres “Civil War” me transportent en pleine eucharistie rock ‘n roll ! D’ailleurs je ne suis pas le seul à en juger par les refrains chantés à l’unisson par la foule, présente en nombre, une vraie communion je vous dis, comparable au passage de Europe et son “Final Countdown” en 2009. Les soli virtuoses s’enchainent, et le concert est déjà fini…
Annihilator – Mainstage 2

L’enchainement de dingue de cet après-midi continue, et c’est les yeux encore brillants que je me place pas trop loin de la mainstage 2 pour profiter au mieux de la présence d’Annihilator sous le soleil de Clisson. Encore un groupe que j’avais envie de voir live depuis des lustres, décidément on est gâtés ! La bande à Jeff Waters nous offre un petit panaché de ses classiques thrash : “Set The Wolrd On Fire”, le survitaminé “Ultra Motion”, “Alison Hell”… ainsi que quelques nouveautés tirées du nouvel excellent album sobrement intitulé Annihilator. Dave Padden au chant, maintenant présent aux côtés de Jeff Waters depuis 2003, a vraiment trouvé sa place et livre une prestation irréprochable.
Twisted Sister – Mainstage 1

Le marathon de ce 19 juin continue, le temps de changer de scène et nous voilà dans la foule, de plus en plus dense pour voir la prestation grandement attendue de la sœur tordue. Vous pensez bien qu’après vingt-cinq ans sans fouler le sol français, nous les attendions au tournant. On ne sera pas déçu, Après une courte intro, “It’s A Long Way to the Top” d’AC/DC, puis un tuner de radio crachotant, Dee Snyder investit la scène, à proprement parler ! Toujours au top, la crinière peroxydée, bondissant, se roulant à terre, le frontman de Twisted Sister nous met dans sa poche en un tournemain. Festival oblige, tous les tubes sont sortis du chapeau : “Stay Hungry”, “We’re Not Gonna Take It” (obligatoire), “You Can’t Stop Rock ‘n Roll”… Soudain tout s’arrête et Dee Snyder fait venir un traducteur sur scène, le temps d’un vibrant hommage à Ronnie James Dio, qui nous a quitté en mai de cet année. S’en suit une reprise énorme de “Long Live Rock ‘n Roll” de Rainbow, puis le temps de faire sauter la foule en levant le poing et en braillant “ROCK” sur le refrain de “I Wanna Rock”, et de se prendre pour des sick mother fuckers sur “SMF” que le set s’achève déjà. Encore un moment qui restera dans les mémoires des spectateurs.
Immortal – Mainstage 2

Les cordes vocales en feu d’avoir hurlé les refrains accrocheurs de la sœur tordue, the show must go on, comme dirait l’autre… direction la mainstage 2 (mes pauvres pieds !!) pour aller voir de quel bois se chauffent les peinturlurés norvégiens d’Immortal. Les ayant déjà vus en 2007 ici même, je savais un peu à quoi m’en tenir… Le back-drop représentant des montagnes enneigées éclairées par un pâle soleil d’hiver est hissé pendant l’intro (le thème du film “Quand les Aigles Attaquent”, un de mes films de chevet !), pas de doute nous voici transporté en royaume de Blashyrkh ! Horgh, l’imposant batteur du combo, salue la foule, index et auriculaire tendus, Abbath arrive à son tour accompagné du bassiste Apollyon, et c’est parti pour du blast-beat en pagaille. Hélas, le son est totalement atroce (c’est une habitude pour Immortal, mais à ce point…) et on peine à distinguer les riffs. C’est une telle bouillie sonore que l’on préfère s’éloigner un brin, pour déguster un rafraichissement, en contemplant de loin le jeu de scène des norvégiens : traditionnel pas de crabe et crachage de feu d’Abbath… En bref une prestation honnête, vraiment gâchée par la qualité sonore. Dommage !
Alice Cooper – Mainstage 1

La foule se fait vraiment plus dense de minute en minute, alors que la nuit s’est installée sur Clisson, et tout le monde contemple petit à petit se monter le décor de la scène où Alice Cooper va se produire d’un instant à l’autre. Ça sent le gros show… Ce sera confirmé des l’entrée du sieur Vincent Furnier, enfin plutôt de son alter-ego maléfique Alice Cooper ! Moulinets de bâton de maréchal, arpentant la scène de long en large, on est tout de suite conquis par son énergie, et on se rend vite compte que l’on est en train d’assister là à la performance d’un très grand du monde du rock. N’étant vraiment pas un spécialiste du monsieur, je ne m’étendrai pas sur la setlist, sachez seulement que gros show il était prévu, gros show il y a eu. Apparemment axé sur la chronologie de sa longue carrière, le spectacle d’Alice Cooper est ponctué par ses morts, et ses résurrections : décapité, traversé par une seringue géante, pendu, Alice renait à chaque fois plus fort, tantôt pour distribuer des monceaux de bijoux aux premiers rangs (faux les bijoux… enfin je pense…) tantôt pour décapiter une poupée de bébé (enfin je crois que c’était une poupée !)… Le sang coule à flot ! Ce sera comme ça pendant une heure et demi, encore une fois, un grand moment qui conclue pour nous cette journée épique.
Manquant Carcass, à regret, nous nous dirigeons d’un pas las, mais le sourire sur le visage, vers le repos mérité.
Dimanche 20 Juin
Une nouvelle fois, une matinée passée dans les rues de Clisson, le temps d’un petit déjeuner roboratif, à base de produits locaux, et de se tremper les pieds dans la Moine, dont l’eau fraiche nous remet d’aplomb pour affronter une nouvelle journée fort remplie.
UDO – Mainstage 1
Nous suivons le set des vétérans d’UDO de loin, mais avec l’oreille attentive à leur gros heavy à l’ancienne. Au cours d’une performance qui remet les idées d’aplomb, Udo Dirkschneider et sa voix si caractéristique nous assènent de grands classique de l’époque d’Accept, comme “Balls To The Wall” et “Metal Heart”… 45 minutes de gros riffs fédérateurs, la masse de metalheads n’en demandait pas tant pour se remettre petit à petit de la courte nuit clissonaise.
Behemoth – Mainstage 2 
Vous avez aimé la grosse claque que vous avait donné Behemoth au Hellfest 2007 ? Vous voulez reprendre une petite fessée en prime ? En avant vers la mainstage 2, devant lequel flotte déjà le drapeau polonais dans la foule, pour voir le combo de Nergal à l’œuvre. Le backdrop à l’effigie de leur dernier album et le décor ne trompent pas : on n’est pas là pour rigoler, mais pour prendre une bonne correction à base de Black/Death surpuissant. Inferno, le batteur extraterrestre du groupe arrive en premier et salue la foule, puis les autres membres investissent la scène, tout corpse-paints et armure de cuir dehors. Le set démarre sur les chapeaux de roues avec un “Ov Fire and the Void” dantesque, le son est énorme, et la présence scénique de Nergal et ses compères est à l’avenant ! Au rythme de la double pédale inhumaine d’Inferno se succèderont “Demigod”, “Conquer All”, le tubesque “Slaves Shall Serve”… Les membres du groupe toisent leur fans, et continue encore et toujours d’envoyer du lourd, dans une rare adéquation entre univers visuel, lyrique et musical. Le set se termine sur un “Chant for Eschaton 2000″ monstrueux qui nous laissera tout suffocants et blêmes. Comme à son habitude, le rouleau compresseur Behemoth a tout conquis sur son passage, et je me prends à rêver de les voir plus tard, dans la pénombre qui siérait mieux à leur univers.
Exodus – Mainstage 2 
Nous voici devant les thrasheurs d’Exodus, qui eux non plus, ne sont pas là pour enfiler des perles. Uppercut direct dans l’estomac avec le set qui commence par l’hymne du groupe “Bonded By Blood”. De la fosse s’élève la poussière, signe d’un mosh vigoureux, qui se terminera d’ailleurs en circle pit furieux à la demande du chanteur Rob Dukes, à l’impressionnante carrure. Le son malheureusement un poil brouillon (décidément !) empêchera d’apprécier à sa juste valeur le show enthousiaste et musclé des américains, mais cela restera tout de même un bon moment de thrash old-school.
Mötorhead – Mainstage 1 
“Ladies and gentlemen, we’re Mötorhead, and we play rock ‘n roll !”
La phrase bien connue des fans est lancée d’une voix rauque, la basse saturée tonne dans nos oreilles, pas de doute, MONSIEUR Lemmy Killmister est dans la place ! Le public se presse en masse autour de la mainstage 1 pour profiter au mieux du spectacle… Stetson vissé sur le crâne, lunettes noires, fermement campé sur ses chaussons de rock ‘n roll, Lemmy et ses sbires nous distillent leur mélange explosif de rock, punk et métal. J’ai beau les avoir déjà vus, c’est toujours un plaisir que de les voir enchainer les “Ace Of Spades” et autres “Overkill”. On pourrait juste déplorer un certaine froideur de Lemmy, qui ne bouge pas beaucoup et marmonne dans sa (célèbre) barbe, mais c’est habituel, et puis merde, c’est une légende ! Je profite un maximum du show, dans la foule assez impressionnante de ce dimanche soir… Puis je me dirige vers la mainstage 2 pour suivre les deux derniers morceaux depuis l’écran géant, histoire d’être bien placé pour Slayer.
Slayer – Mainstage 2

C’est TOUJOURS pareil avec Slayer… Mais non je ne me plains pas, qu’est ce que vous allez penser là ? Je ne fais pas partie de ceux qui disent qu’e quand on les a vus une fois, on a vu tous leurs shows. Je reprends donc : c’est TOUJOURS pareil avec Slayer, à chaque fois, je me dis, “Bon mon petit Sbel, tu vas regarder les deux premières chansons histoire de prendre la température, et puis tu te prends une petite bière, et tu profites du show de loin”, peine perdue, je me retrouve à chaque fois à la limite du pit, à vociférer et à headbanguer comme un malade ! Le père Araya a beau être en mode balai dans le cul, la faute à une récente opération du dos, le tempo ralenti un brin (certainement pour les mêmes raisons), la guitare de Jeff Hanneman quasiment inaudible (peut-être la faute à mon placement excentré…), c’est quand même Slayer ! Et ça dépote sévère à chaque fois ! Les thrasheurs de San Francisco nous assènent quelques extraits du dernier album World Painted Blood, puis dès le troisième titre nous gratifie d’un “War Ensemble” du plus beau rouge. La fosse commence à bien se déchainer et la poussière s’élève dans le crépuscule Clissonnais. L’exécution est comme toujours magistrale, “Dead Skin Mask” est malsain à souhait, le classique des classique “Angel Of Death déclenche de nouveau la furie dans le pit, et s’enchainent ensuite pêle-mêle “Disciple”, “Mandatory Suicide” puis “Chemical Warfare”… et là plus rien ! Le groupe quitte la scène… pour mieux revenir sous les appels pressants des fans nous achever avec l’enchainement “South Of Heaven” et le culte “Raining Blood” ! Comme d’habitude avec Slayer, un set dense, très dense, ponctué par la rythmique de fer de Dave Lombardo, les headbangs furieux de Kerry King et la banane perpétuelle de Tom Araya !
Kiss – Mainstage 1
C’est déjà le point d’orgue de ce Hellfest cuvée 2010… Ce fut bel et bien bon, mais il nous reste encore un morceau de choix, et pas des moindres : en effet les organisateurs nous gratifient cette année de Kiss ! Déjà la veille, nous avions eu droit à un grand show à l’américaine avec Alice Cooper, là on monte encore un cran au dessus. Pyrotechnie tonitruante, écran géant couvrant tout le backdrop de la scène, arrivée de Gene Simmons & co sur un élévateur…
“You wanted the best… and you got the best ! The hottest band in the world : KISS !!”
Une fois le rideau qui cachait la scène tombé, nous voici partis pour deux heures de démesure. La foule est énorme et compacte (vous pensez, la seule date dans l’hexagone !) et à la minute où le quatuor peinturluré entame “Modern Day Delilah”, – single du dernier album Sonic Boom – les bras se lèvent et les têtes s’agitent en tous sens. N’appréciant pas plus que ça le groupe, je profite tout de même de cet impressionnante machine, Paul Stanley et Gene Simmons jouant comme personne avec la foule : l’un fait entonner la Marseillaise au public, l’autre toute langue dehors, est plus grimaçant que jamais…
Nous aurons droit à tout ce qui est imaginable sur un show de Kiss, confettis, fumée, explosions de flammes, envol de Paul Stanley jusqu’à la tour de son située à une cinquantaine de mètres de la scène sur “I Was Made for Loving You”, Gene Simmons crachant du sang, et enfin un formidable feu d’artifice !
Les lumières s’éteignent doucement sur le site du festival, les décibels se taisent, la foule hagarde se dirige soit vers un repos bien mérité, soit vers le Metal Corner pour fêter dignement cette fin de Hellfest… c’est déjà fini…
Comme tous les ans, on est à la fois partagé entre le désir de se reposer enfin dans un bon lit, et la tristesse que cette grand messe du Metal soit passée si vite. Ce Hellfest 2010 restera dans les mémoire des spectateurs comme une édition particulièrement réussie, tant du point de vue musical (115 groupes !!), que de l’organisation, chaque année meilleure. Avec 72000 entrée en trois jours, le festival renforce sa position de rendez-vous incontournable pour tous les metalheads. C’est un constat qui était loin d’être évident quelques mois avant, quand on pense aux polémiques grotesques causées par certains politiques, dont nous tairons les noms (suivez mon regard…)

Qu’importent les esprits chagrins, les protagonistes, que ce soit les organisateurs, les musiciens, les fans, ou encore les Clissonais, savent à quoi s’en tenir. En espérant une édition 2011 encore plus grandiose, je vous donne rendez-vous l’année prochaine pour toujours plus de décibels. Stay Rock ‘n Roll !
Plus de photos du Hellfest 2010 sur le Flickr des Immortels.













Quel silence. Pourquoi ne pas prendre la parole?