Katie Melua – The House (2010/Dramatico-Naïve)

Quand Staline rencontre Dylan Tomas, des fruits de leurs amours « contre-nature » peut naître une femme. Pas n’importe laquelle. Une femme lumineuse et émouvante qui nous entraîne très loin dans le ventre de la pop-rock et en un univers poétique aléatoire commandé par la présence physique d’une créatrice hors normes et à l’histoire compliquée. Katie Melua est née en Géorgie (la « vraie » pas l’Américaine…). A neuf ans elle accompagne ses parents à Belfast. Elle gagne un concours de chaîne ITV et commence dès seize ans à écrire des chansons. Elle est vite repérée par le producteur anglais Mike Batt. Il veut lui faire enregistrer une de ses vieilles chansons : elle refuse et préfère une autre. Batt est sceptique mais ce morceau improbable « The Closest Thing to Crazy » va conquérir la Perfide Albion. Le premier album de Katie Melua Call for the Search s’est vendu à trois millions d’exemplaires et rentra directement numéro un des ventes. Suit un autre album Piece by Piece qui connaît un succès comparable avant que l’artiste rendre au Guinness Book pour avoir donné le concert le plus profond ! A 308 mètres sous l’eau au cœur d’une plate forme pétrolière…
Pour la sortie de son quatrième album The House l’artiste prépare une méga tournée mondiale qui la conduira en France en octobre. Cet album est encore meilleur que les trois premiers car plus exigeant. En dehors de son mentor Nick Batt on y retrouve Guy Chambers (qui a travaillé avec James Blunt), Lauren Christy (Avril Lavigne) et Rick Nowels (Dido, K.D. Lang). La production est assurée par William Orbit. Toutes ces signatures interviennent ponctuellement afin de donner des touches particulières aux expérimentations de la Géorgienne. Ce CD ancré dans le passé n’y croupit pas – au contraire. Il est lancé vers le futur que la songwriteuse explore avec ambition. N’ayant peur de rien, peu sensible au succès elle poursuit une route personnelle où dit-elle non sans raison : « j’explore les coins sombres de mon inconscient ».

Néanmoins cette pop ne possède rien de foncièrement sombre. Et si le noir reste la couleur de l’artiste elle se nimbe d’un kaléidoscope chromatique qui donne à son univers une résonance particulière. Katie Melua est à sa manière une Tori Amos du nouveau siècle. Au-dessus de son nouvel opus une lune brille, attendrissante et magique. L’artiste y travaille les ruptures formelles et de tonalités dans un univers sonore organisé par strates. Sa pop-rock commence comme une musique de chambre et finit en symphonie au sein d’une étonnante montée en puissance et un sens du dramatique comme du merveilleux.












