Les Mama Rosin sont des Suisses qui jouent de la musique cajun. Les Cajuns sont une ethnie américaine vivant surtout en Louisiane, et sont les descendants des Acadiens. Les Acadiens, eux, sont des descendants de colons français installés dans les provinces orientales du Canada. Colons français qui, pour leur part, venaient majoritairement du Poitou-Charentes, peuplé donc de Poitevins dont on sait qu’ils n’ont probablement pas d’ascendance arabe du fait de l’intervention de Charles Martel en 732. Charles Martel qui se trouve être le grand-père de Charlemagne, lequel a récemment été interprété par Christopher Lee à l’occasion d’un disque chroniqué ici-même. Pfiou.
Pour le jeu des six degrés de séparation, on va dire qu’on a perdu : on pourrait prétendre que la musique de Mama Rosin va puiser sa source très très loin pour terminer sa course sur le blog des Immortels, et pourtant il n’a suffi que d’un disque arrivé dans notre boîte aux lettres par un pluvieux matin. Comme quoi, parfois, le chemin le plus tortueux et torturé n’a guère de puissance face à un simple timbre. Je devrais proposer ce slogan à la Poste, tiens.
Entre la Suisse et la Louisiane pittoresque, il y a un grand fossé culturel. Pourtant, le jeune trio parvient à retranscrire cette ambiance avec talent. Ils arrivent à mêler le Blues à la bouse sans tomber dans le ridicule ou la caricature grossière à laquelle on s’attend en lisant les titres des pistes : “Le two-step de l’haricot” ou “La valse des beaux-frères”. On a peur au début de tomber sur une resucée de Renaud version redneck, mais on en est loin. Les textes n’ont pas grande prétention littéraire et mélangent l’anglais au français dans un créole/yaourt exotique, à l’image de cette région d’Amérique qui fut française avant que Napoléon ne s’en débarrasse. Peu importe qu’on n’y comprenne rien : la musique parle et suffit. Mélodéon, banjo, guitare s’entrechoquent dans la poisse bluesy et saturée de 13 chansons très courtes et typées, empreintes de groove, de désespoir et des espoirs. Pas le temps de bâiller lors de cette ballade dans le Bayou du lac Léman : l’album ne dure pas. Et c’est plutôt tant mieux, parce que la musique cajun n’est pas parmi les plus variées mélodiquement, et l’ennui risquerait de vite se pointer. Le voyage est court mais intense, et ne “Brûle” pas “Lentement” comme le suggère le titre de cet album sympathique qui ne se prend pas au sérieux mais ne fait pas dans le foutage de gueule pour autant.
http://www.myspace.com/mamarosin












Quel silence. Pourquoi ne pas prendre la parole?