Un point sur les concerts à venir : Winter Family, The Delano Orchestra

 Winter Family

WINTER FAMILY EN SES ŒUVRES

C’est dans un lieu inhabituel que Winter Family donnera son concert parisien. Inhabituel pour la musique pop en général (même si on a entendu Klaus Schulze dans un autre temps en bons nombres de lieux cultuels) mais non pour Winter Family dont l’œuvre est indéniablement teinté de mysticisme judaïque. La chanteuse et poétesse Ruth Rosenthal et le pianiste-organiste Xavier Klaine développent un univers fascinant en opposition à l’autre genre mystique (ou pseudo) de la pop : à savoir le gothique. A la cérémonialité et au décorum de façade de ce dernier, répond le minimalisme quasi abstrait d’un duo dont les concerts représentent une sorte de rituel de quasi prière.

Jouant sur la lumière crue et une scénographie réduite à l’extrême, Winter Family propose sa liturgie sonore en la dégageant de toute anecdote sentimentaliste. Il s’agit pour Ruth Rosenthal et Xavier Blaine de nous situer en une atmosphère de recueillement afin de desceller nos repères musicaux, nos assises temporelles et notre assiette terrestre. Le groupe cherche dans la musique son caractère le plus abstrait, le plus dégagé du symphonique afin de faire comprendre comment nous écoutons lorsque nous écoutons.

L’expérience est assez étrange mais captivante. Peut-être s’agit-il de rejoindre une expérience originelle de la venue au monde. Le tympan est ému – mais juste ce qu’il faut et sans chercher à le séduire – par l’impact d’une voix et de sons minimalistes hors artefact. Il s’agit donc de faire éclater le réel pour parvenir à sa musique intérieure. En ce sens, avec un mouvement à la fois centrifuge et centripète, le son redevient énergie (au sens grec du terme). Une énergie frugale mais incisive car lancinante. Nous avançons, pour les incroyants, pas à pas nulle part et pour ceux qui croient, vers un univers où les sons s’assimilent à des sortes de symboles mystiques au sein d’un univers d’où jaillit l’extrême du soupir et de la sérénité.

Venez vivre l’expérience le 18 décembre prochain, au Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme à Paris, où aura lieu en même temps, la projection de la vidéo New Sun de Yael Perlman et Roland Edzard.

The Delano OrchestraTHE DELANO ORCHESTRA EMETTRA AU POSTE A GALENE

The De­la­no Or­ches­tra confirme (voire plus) sur scène ce que l’on soupçonne à l’écoute de la réédition de leur premier album éponyme ( label Alienor Records/Platinum Records).  A priori la musique du groupe peut sembler  faite plus l’écoute chez soi qu’en public : l’atmosphère de leurs morceaux est plus intimiste qu’expansive, intro qu’extravertie. Mais un concert des Delano permet de découvrir (et d’entendre) de belles surprises. L’exécution des titres n’est pas une simple reprise de leur schéma studio. Le post-rock live propose des envolées lyriques moins évidente sur leur CD. A côté de la voix presque fluette et tout en murmure du chanteur et guitariste Derek Delano, la trompette, la guitare électrique et la basse offrent un contrepoint et un relief qui surprennent parfois au milieu de ballades acoustiques. On retrouvera évidemment sur scène le meilleur titre du groupe “Lucky Star”. Son long solo électrique finit de sortir d’une univers trop confidentiel. Loin des formats courants, The Delano Orchestra démontre donc sur scène une force de conviction tant dans le folk progressif que dans des dérives plus planantes ou dans des montées radicalement rock. Derek Delano et ses musiciens déconstruisent et reconstruisent leurs versions studios sans hésiter à les déplacer de registre. C’est suffisamment rare pour être souligné. Preuve que ces artistes savent ce que veut dire le mot, la notion de « concert » : à travers lui ils poussent leur approche un peu plus loin.
 > Le 19 décembre prochain au Poste à Galène, Marseille. D’autres dates dans notre calendrier !



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