InfraZer – InfraZer (2008 / SubWave Records)
Terra incognita. C’est par cette expression que les explorateurs mentionnaient sur leurs cartes les territoires restés inexplorés. Au fil de leurs périples, cette mention était sans cesse repoussée, pour finir un beau jour par disparaître totalement. Cette soif d’exploration peut constituer un point de départ à l’écoute de l’album éponyme d’InfraZer. Même en n’étant que peu familier du genre de musique ici proposé, une simple visite sur le Myspace du groupe suffit à susciter la curiosité et à générer l’envie d’en entendre plus. Un des philosophes d’Aurora, Illinois, affirmait : ‘ On a peur du changement. ‘. Bien plus que la peur, c’est simplement une légère gêne qui précède la lecture d’InfraZer, sensation qui se dissipe assez rapidement.
Le quintet propose un, voire différents voyages, sur une terre étrangère et étrange. Guitare, basse, batterie, samples et machines dépeignent un univers froid et foisonnant. Autour de la rythmique et de notes lancinantes sont érigées diverses atmosphères, portant le pèlerin en différents points de son nouveau domaine. Des échos de voix lui parviennent ça et là, mais ce qu’il peut percevoir n’est pas en mesure de le rassurer pleinement. Les rares paroles qu’il peut comprendre et interpréter ne sont aucunement liés à des thèmes très légers et ces vibrations fantômes ne sont par voie de conséquence que des encouragements à poursuivre plus avant son chemin. Le voyageur alterne ainsi les visites dans des cadres fleurant bon le métal écorché et torturé et les escapades brassant bien plus la poussière et la terre foulée. Bien que parfois égaré, le vagabond se voit guidé par les accords de guitare résonnant dans sa tête. Parvenu au terme de son aventure, il se livre à une dernière réflexion, entouré des instruments qui ont servi de vecteurs à ses pérégrinations.
Les créations proposées par InfraZer tressent ainsi différentes ambiances, qui permettent de démontrer leur maîtrise technique. La multitude des éléments mis en commun sur cet album ne tient en aucun endroit du patchwork reconstitué. Au contraire, l’œuvre se révèle au fil des écoutes de plus en plus riche. En outre, il convient de noter que les compositions, une fois relâchées, remplissent l’espace dans lequel elles sont libérées, révélant par là-même une puissance qui ne nécessite pas un recours obligatoire aux décibels ou aux distorsions à outrance. InfraZer livre ici pour son premier album une production dense, qu’il est difficile de résumer ou de présenter. Dès la première note, les sensations inspirées par la musique prennent le pas sur l’analyse, construisant ainsi une expérience unique pour l’auditeur. Si les écoutes successives présentent bien évidemment une certaine parenté, elles ne sont pas pour autant identiques, renouvelant à chaque fois le plaisir.
01 – XIII
02 – Labory
03 – Genotype
04 – Showgun
05 – Apathique
06 – B-52 (final cut dub)
07 – Cirkus
08 – Allo Houston
09 – Vegas
10 – Global therapy
Myspace officiel : http://www.myspace.com/infrazer












