Negativity – The World is dying (2009 / autoproduit)
Le film La Vie de Brian, des Monty Pythons, se terminait sur “Always look the bright side of life”, chanson optimiste et sifflotante qui invitait tout un chacun, fût-il crucifié, à voir le bon côté des choses. Un tel optimiste, s’il peut se retrouver dans certains courants musicaux, est à l’antithèse de tout ce qui se réclame du Black et de ses multiples déclinaisons. Difficile en effet d’imaginer un guerrier des ténèbres frénétique chantonner et adopter une attitude positive.
Le projet Negativity, actuellement porté par un seul être, s’inscrit dans la traînée de l’obscurité. Enregistré de manière solitaire en deux semaines avec les moyens du bord, The World is dying semble incarner par ce seul fait deux traits distinctifs du genre : une certaine misanthropie (qui mieux qu’un amateur de black pourrait créer en dehors de tout rapport extérieur ?) et une production potentiellement cavernicole (pour certains, plus l’enregistrement sent l’humidité et la moisissure du mur de la cave, mieux c’est).
Pourtant, ces deux stéréotypes, alléchants pour certains, doivent être battus en brèche. S’il est difficile de présumer de l’attrait pour les rapports humains de l’auteur, le fait de prendre la peine de mettre cette création en ligne et en libre téléchargement tant sur le site du projet que sur Jamendo semble destiner The World is dying à une diffusion supérieure à deux chiffres. De plus, les amateurs de sons troglodytes en seront pour leurs frais : si le tout peut sembler manquer de puissance par moments, et ce probablement en raison de contingences techniques, il reste très audible et écoutable. Les trolls peuvent donc passer leur chemin.
Cet EP de Negativity porte bien son nom et se fait le vecteur d’une déchéance, d’un effondrement du monde. Les accords sombres et tranchants, ponctués de chants gutturaux et de percussions, tressent une atmosphère lourde, marquée par un ciel forcément chargé et lourd de présages. L’issue ne peut être que funeste, et les compositions traduisent bien ce sentiment. En revanche, la rythmique est quelque peu en retrait, ce qui peut surprendre. Néanmoins, cet aspect ne fait que renforcer le choix artistique, plus porté vers une ambiance que vers un martèlement digne d’une chevauchée d’érinyes sanguinaires.
Au final, si The World is dying peut paraître à certains égards un rien prévisible, tant par son thème que par son cheminement, il constitue indubitablement une preuve du savoir-faire de son auteur, qui pourra sans nul doute mettre plus en valeur ses atouts dans un prochain concept, pour un peu que celui-ci explore des voies impies connues des seuls initiés.
- Life is worthless
- The World is dying
- Not a gleam of hope
- Descending into madness
- Black Earth
- The End of everything
- You should kill yourself
- Exit
http://www.jamendo.com/fr/album/57536












