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urihaniUrihani s’inscrit en apparence dans une mouvance lourde du temps et imprégnée de world music. Mais le C.D. s’en échappe. Il se développe en déversant des flots de fréquences martelées entre la puissance de l’univers rythmique et la stridences des voix qui portent la musique « électro indie» (pour faire simple) vers des univers plus gothiques qu’exotiques. L’ensemble est bien produit et bien écrit par Jeff Alcaras et Philippe Moreau. Les performances vocales en particulier des voix féminines (Emily Spiller, Bahia Ouakssas et Nathalie Leonoff ne sont pas pour rien) dans la réussite de cet album. Il plaira plus particulièrement à ceux qui aiment la musique space mais à forte couverture rythmique. Celle ci donne à Music for the Planet la marque d’une errance en hargne pas forcément retenue et propice aux mixages mentaux et orchestraux.

L’album se veut « avant tout une aventure humaine qui délivre un message optimiste et une hymne à la vie pour les amoureux de la nature ». Voire… Personnellement j’y ai trouvé une teinte plus grave et plus gothique que new-wave. Ce n’est d’ailleurs pas forcément plus mal. Cela dégage l’album d’une ambient trop soft et bien pensante. Alcaras et Moreau se seraient-ils trompé sur le sens qu’ils accordent à leur opus ? Sans doute. Certainement même. Preuve que leur musique les dépasse avec bonheur. Celle-ci n’est bonne quand elle ne se pense plus et qu’elle échappe à ses créateurs. Inconsciemment ils sont sortis des messages messianiques trop politiquement et correctement pensés. La rythmique même des morceaux contredit l’ambition « morale » ou écolo. Urihani nous emporte loin du silence des agneaux et des forêts qui les accueillent. L’approche artistique demeure avant tout violente et sauvage.

Le rythme martèle, secoue au sein de cérémonies qui sont souvent d’un caractère plus funèbre qu’enjoué. Passé le premier morceau à l’orientale, il faut se laisser glisser dans l’obscur noyau de cette œuvre pleine de lames de synthé et de percussions inlassables qui donnent à l’ensemble un côté à la fois gothique et new-wave. Les voix diverses remplissent les intervalles de la rythmique hypnotique. Sans qu’on y prenne garde cette musique agit autant sur les nerfs que sur les émotions bref sur le physique avant même que sur le psychisme. Mais n’est-ce pas là sa force ? Dans la traversée de mondes hybrides Music for the Planet émet quelque chose d’aussi taciturne que tragique, d’aussi spectral qu’envoûtant. Mais pas sûr que les adorateurs de la nature y trouvent leur compte.

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  1. Quel silence. Pourquoi ne pas prendre la parole?