Un bon chocolat, un fauteuil confortable, une douce musique. Tels sont les éléments dont la conjonction est souvent recherchée lorsque la neige blanchit les toits et lustre les pavés. La quête d’une chaleur douce, bienveillante est exigeante, et écarte impitoyablement tout ce qui rappelle le froid ô combien redouté.
Pour autant, les frissons ne doivent pas être fuis à tout prix. Des notes cristallines, des harmonies translucides, vecteurs des flocons de la rêverie peuvent être des plus appréciés, et ce même à la lumière crue de l’hiver. Cette lumière qui mord, éblouit, et caresse l’horizon est souvent source de désorientation. Mais en matière de musique, elle cède le pas sur ce point au groupe Kwoon et à son nouvel album, When the flowers were singing….
Après avoir grandement marqué la poudreuse des esprits de leur empreinte à la suite d’un premier album très remarqué, Kwoon récidive. Et le ministère public ne pourra que requérir une peine plus lourde cette fois. S’il pouvait être possible de mettre sur le compte de la chance des débutants l’insolente réussite de Tales and dreams, il en va autrement avec ce nouveau cristal. Les guitares, basse et batterie s’enroulent et tourbillonnent, seulement rattachées au sol par la grâce du violoncelle et irrésistiblement arrachés à l’attraction terrestre par la légèreté des claviers et de la voix. De sa plume trempée dans l’éther et le givre, Kwoon plonge l’auditeur dans une rêverie pure et délicate, oscillant entre les arabesques décrites par un patin qui égratigne la glace pour mieux la sublimer et les péripéties fragiles d’une feuille charriée par les bourrasques.
Il est souvent tentant d’utiliser le qualificatif « unique » pour décrire une écoute. Mais cette utilisation se révèle au final des plus triste : comment renoncer à cet idéal rien qu’en le nommant ? When the flowers were singing… se parcourt d’une traite, presque en apnée devant tant de beauté. Mais il serait cruel d’affirmer que rien ne pourrait égaler les instants passés en compagnie de Kwoon. Car non seulement le retour dans leur univers n’altère en rien la magie des minutes déjà écoulées, mais il semble également évident que le groupe est voué à renouveler son exploit. Il ne saurait en être autrement. De nouvelles mélodies, un nouvel artwork, une fois encore ciselés, jailliront. Forcément. Et c’est là le seul défaut de cet album : celui de nous faire languir d’un nouveau voyage.
- Overture
- Great escape
- Frozen bird
- When the flowers were singing
- Memories of a commander
- Schizoprenie
- Back from the deep
- Labyrinth of Wrinch
- Ayron Norya
Myspace : http://www.myspace.com/kwoonmusic












Quel silence. Pourquoi ne pas prendre la parole?