K.R.O.A.Z.H.E.N.T. – War an hent (live in La Tête des trains) (2008 / Coop Breizh)

« -”Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ?”
Et la sœur Anne lui répondait :
-”Je ne vois rien que le soleil qui poudroie, et l’herbe qui verdoie.” »
Il n’est pas indiqué si cette Anne-là était de Bretagne, mais il est certain que lorsque la poussière elle-même, cette vilaine sorcière, s’attarde par trop longtemps sur un noble album, cela peut être à tort. La péninsule armoricaine est une terre de légendes et de mythes, et non d’anti-mites (quoique lorsqu’on pense à Panique celtique). Ainsi War an hent, enregistrement public du groupe K.R.O.A.Z.H.E.N.T., mérite la lumière, et pas seulement celle du pâle soleil d’hiver.
La formation bretonne, face à son public, donne la mesure de sa musique celtique urbaine. Et comme l’on dit dans la langue régionale de par chez moi : « Quès acco ? ». Ce sont en fait des compositions qui, tout en étant fortement ancrées dans leur terreau culturel et dans leur terroir, s’inscrivent dans l’esprit de la ville, imprégné d’horizons métalliques et d’allées tapissées de bitume. Point de jument de Michao comme moyen de locomotion, mais des moteurs, signe des temps qui changent.
Ce premier point pourrait faire froncer le nez à ceux pour quoi la musique bretonne se résume au festival Interceltique de Lorient. Mais il est fort à parier que c’est plus l’influence de Jack Kerouac. Ce fondateur de la beat generation, le « King of the Beats », et son ouvrage phare Sur la route (War an hent en breton), ont en effet grandement inspiré K.R.O.A.Z.H.E.N.T. : la thématique du parcours est en effet transversale du live et des citations de l’ouvrage sont reproduites sur la jaquette. Et les deux sources d’inspiration, a priori très opposées, se conjuguent ici, portées par les instruments et la langue bretonne. Celle-ci est peu exploitée dans les différents morceaux, mais son phrasé semble se retrouver tout au long des compositions. Et les deux souffles s’entremêlent pour créer un chemin qu’il fait bon arpenter.
War an hent fait partie de ces albums qui, bien que pouvant être éloignés de son propre univers musical, laisse irrémédiablement une empreinte. La trace peut être légère, mais semble devoir s’ancrer quelque part. Peut-être est-ce là la marque de la liberté.
- Sur la route (marche)
- La horde (kas a barh)
- Gwierzienn (plinn ton simpl)
- Eñvor (bal plinn)
- Dazont (plinn ton doubl)
- Harz tizh (lardié 8 temps)
- Avance rapide… (fisel ton hir)
- Ba’tommder an noz (mazurka)
- Pays blanc… (rond paludier)
- …swing noir (bal paludier)
- War an hent (rond pagan)
- Loud ? ya ! (loudéac 1er rond)
- Ar maen du (baleu)
- An deiz nevez (loudéac 2eme rond)
- 10 years after (riquegnée)
- Always on the road (gavotte pourlert)
Site : http://www.kroazhent.com/
Myspace : http://www.myspace.com/kroazhent













Commentaires
1 commentaire to “K.R.O.A.Z.H.E.N.T. – War an hent (live in La Tête des trains) (2008 / Coop Breizh)”Trackbacks
Voir ce que les autres ont dit à ce sujet...[...] réelle, qui s’avère différente de ce qui a pu être perçu par ailleurs, comme par exemple chez K.R.O.A.Z.H.E.N.T. avec War an Hent (« sur la route » pour ceux qui ne mangent pas de crêpes). Une légère brise caresse les [...]